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Troisième Cours

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WHAT THE HELL † LITTLE MASTER

Jeu 18 Aoû - 17:01
« Zanjutsu, combat à l'épée »


    Yô ! Bien, je serais votre professeur pour ce cours ! Ici, vous devrez apprendre les bases du combat à l'épée. Ce sera votre troisième et surtout dernier cours. Celui-ci sera plus difficile que les autres cours car c'est dans ce cours que vous apprendrez le combat au sabre mais aussi dans celui-ci que vous découvrirez votre zanpakuto ! Pour ce faire, vous devrez faire un RP dans ce sujet. Votre RP devra faire une 50aine de lignes. Une fois fait, vous pourrez ajouter votre zanpakuto à votre fiche. Bonne chance petits apprentis.





I'm on the highway to hell.
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Dim 18 Sep - 9:42
Bon, je vous avais déjà parlé de mes expériences personnelles pour le programme de l'académie. Et je vous avais fait part de mon scepticisme. Parce que savoir qu'on allait devoir apprendre les arts martiaux alors que je maravais qui je voulais au corps-à-corps, c'était dur à digérer. Imaginez le danseur de Heavy Metal qui ne connaît que les petits bonds et les mains en l'air pour laisser bouger son corps, des mouvements secs et violents ou encore de la gratte dès qu'un solo démarrait. Typiquement celui qui prenait de la place au milieu d'une salle et qui hurlait à qui mieux mieux. Vous l'imaginiez ? Bah foutez-le dans de la danse classique, vous allez voir comment il allait réagir. Moi, c'était un peu pareil. Je cherchais toujours à frapper les points vitaux de l'adversaire, points vitaux qui différaient selon les arts martiaux (est-ce que tous les maîtres partaient du principe que l'adversaire en face avait une coque ou quoi ? On se réveillait ! Un pied bien placé pouvait calmer les ardeurs de n'importe qui. Comme si les hommes avaient une résistance accrue au niveau de l'entrejambe). Ensuite, j'avais eu le droit au cours mystique sur cette espèce de magie étrange, le Kido. Uniquement développé pour les batailles. Déjà, le temps qu'il me fallut pour appréhender le truc... Ensuite, pour apprendre... Ensuite pour comprendre... Bordel, tout mon esprit avait été lessivé par ces notions floues. Alors vous imaginiez bien que quand les cours de sabre commençaient enfin après quelques mois, je me réjouissais d'avance de brandir le manche pour taillader la chair !. Parce que les journées allaient devenir bien plus drôles maintenant ! J'avais toujours attendu avec impatience le VRAI cours, qui ferait de moi un VRAI Shinigami ! Apprendre les arcanes du sabre et surtout, apprivoiser son propre pouvoir, étaient excitants au possible. Il fallait apprendre à faire confiance à ma lame, qui n'hésiterait pas à faire de même avec moi. Et tout irait parfaitement dans le meilleur des mon...

« Gauche ! Droite ! Gauche ! Droite ! Gauche ! Droite ! Gauche ! Droite ! Gauche ! Droite ! Gauche ! »

NAAAAOOON !!! Putain de remix du cours précédent ! C'était pas possible ! Ils étaient pas sérieux ! Ils cherchaient à nous faire sauter les nerfs, à nous tester, ou bien à nous... nous torturer. C'était du foutage de gueule ! Voilà, du foutage de gueule ! On avait compris le mouvement, c'était bon, on pouvait passer à la décapitation de mannequins à moins de dix mètres ! Une entaille à droite, une entaille à gauche, okay, le mouvement était clair dans ma tête. Allez, on passe à autre chose ? C'était juste l'échauffement pour se muscler les bras, non ? N'est-ce pas ? On n'allait pas continuer à frapper dans le vide comme des demeurés en pleine procession ! Okay, le mouvement avait été un peu dur à assimiler. Manier le sabre, c'était adopter une nouvelle posture pour limiter les risques, et savoir où poser ses mains sur le manche afin de le manier avec précision et sans se couper la jugulaire au passage. On s'était entraînés la première semaine avec des épées en bois, histoire d'être sûrs. On avait eu un peu de mal, on partait dans tous les sens et on était à peu près aussi synchros que des derviches droguées. Mais à la fin de la semaine, nous réussîmes à bouger tous d'un seul geste. Rapidement, les professeurs nous avaient autorisé à utiliser les Zanpakutos. Quand j'avais demandé pourquoi on se dépêchait d'utiliser des lames tranchantes, le professeur nous avait dit qu'il fallait s'habituer au plus tôt à utiliser notre arme personnelle, parce que le Shikai ne s'ouvrait qu'au fruit d'une longue collaboration et une entente parfaite avec son porteur.

Faisons une petite digression temporelle pour présenter tous les détails. Vous vous posez certainement la même question que moi il y avait quelques jours de ça. Comment obtenir le Zanpakuto si convoité ? Dès qu'un élève avait posé la question à un professeur les cours de sabre déjà entamés, il avait refusé de répondre en lâchant un pitoyable « Vous verrez ». Et bien, ça manquait de précisions... Maintenant que je le possédais, je comprenais mieux pourquoi ils nous avaient dit ça ; c'était pour garder une certaine magie dans l'air (peut-être même que ça n'aurait pas marché si nous l'avions su, mais les profs refusant d'expliquer leur mutisme même quand nos Zanpakutos étaient à la ceinture, le mystère restait entier). Pour vous présenter, c'était un peu comme voir le Père Noël alors que les parents ne nous avaient pas dit comment les cadeaux arrivaient au sapin. Pur moment d'émerveillement. Enfin... pour les autres. Parce que moi, c'était Père Fouettard qui était sorti de la cheminée pour me grenailler le cul. J'explique...

Après une séance épuisante au sabre, nous revînmes dans nos dortoirs avec des ampoules au main. Le professeur nous avait expliqué que ce n'était pas grave... Parce qu'on en aurait constamment à partir de maintenant, comme tous les pratiquants au sabre même si elles étaient moindres sur les Shinigamis. Je me sentais tellement rassuré maintenant... Je m'allongeai sur le lit, trois fois plus lourd que d'habitude et incapable de pouvoir remuer le petit doigt. Je n'arrivais même plus à respirer, seulement à exister avec autant de conviction qu'une huître. Répéter des milliers de fois le même exercice était aussi chiant qu'exténuant. Ce fut ainsi que je m'endormis, les paupières si lourdes qu'elles en venaient à se coller au coin des yeux. Je n'avais qu'une envie : dormir d'un sommeil de plomb pour me réveiller trois jours plus tard frais comme un gardon.

Et quand je me réveillai enfin, je n'étais pas vraiment dans ce que j'aurais pu appeler mon dortoir bien-aimé. J'étais à un centre-ville nuageux puant les égouts et la fumée de charbon. Malgré les nombreuses années que j'avais passé dans la Soul Society, mon esprit ne mit pas moins d'une seconde pour savoir où je me trouvais : dans Londres au début du XIXème siècle. Enfin, une représentation grossière de Londres. Comme des cartes postales qui auraient été assemblés par des gamins ignorants pour se faire une idée globale de la ville. Ce n'étaient que des ruelles perdues dans le brouillard, serpentant entre des bâtiments en pierre noire trois fois plus haut que les originaux de la Terre. Il n'y avait personne. Je pouvais peut-être remarquer la présence d'un individu mais ce n'était pas plus qu'une ombre perdue dans la brume qui n'apparaissait qu'un instant avant de s'enfuir sans bruit. Il me semblait que c'était la nuit vu l'obscurité, mais le brouillard émettait sa propre lueur bleuté et fantomatique, bloquant la vision après dix mètres. On aurait dit un matin de nuit. Les pavés sous mes pieds étaient en pierre grossière. Je me mis à marcher doucement dans la ruelle pendant une durée que je ne parvenais pas à assimiler, comme si un monstre avait bouffé puis vomi le temps pour en faire un origami gluant. Je voyais au loin une immense horloge qui frôlait les cieux mais dont je parvenais à voir le cadran tout de même par une déformation pratique de l'espace conforme aux rêves. J'estimais la hauteur dudit cadran (et seulement le cadran) a une centaine de mètres. J'avais l'impression que n'importe qui n'importe où dans la ville pouvait voir ce cadran comme s'il était couché à-même les cieux. Je voyais mal de ma position mais je lui trouvais beaucoup trop d'aiguilles. Le cadran était illuminé par la Lune par derrière. Peut-être qu'il y avait une ombre quelque part.

Je décidais de m'y diriger quand une calèche noire comme la nuit sans étoiles s'arrêta à-côté de moi dans un bruit rugueux. Le cheval était aussi noir qu'elle et regardait sans voir, droit devant lui. Une porte s'ouvrit. Mais cette phrase ne sous-entendait pas un mouvement qui inclurait des battants. Une seconde, la porte était fermée, l'autre, elle était ouverte. Je décidais de me glisser dans la petite fente avec l'aide des escaliers. Puis je m'assieds sur le banc qui me faisait tourner le dos à l'avant du véhicule. Je fus surpris qu'il fasse si sombre à l'intérieur. Pas une lumière. Mais je sentis très nettement une existence en face de moi, camouflée par l'obscurité comme un manteau. Le cheval se mit en route après un claquement de fouets (je n'avais pas fait gaffe au conducteur, tiens. Encore heureux...), et toute la calèche se mua dans un roulement inextinguible. Les pavés nous faisaient doucement cahoter. La présence en face ne disait rien. Il fallait certainement que je commence à parler. Une seule question vint dans mon esprit, et s'échappa toute seule de mes lèvres :


« Où qu'on va ? » Je fus surpris qu'une voix, nasillarde entre les nasillardes, me réponde aussi franchement sans faire durer un suspense guttural. Qui annonçait une quantité de dents encore pétries de viande fraîche. Mais qui m'annonçait aussi que mon interlocuteur était bien plus petit que moi. Je ressentis exactement la même sensation que si quelqu'un venait de pisser sur ma tombe. La voix fit :
« A l'Ombre. Ce n'était pas ce que tu voulais ?
_ L'Ombre ?
_ L'Ombre de la Grande Horloge. »
 Je ressentais très bien le nombre de majuscules qu'il y avait dans sa voix, ce qui ne faisait qu'augmenter le nombre des mystères. « Tu voulais savoir combien il y avait d'aiguilles, non ?
_ Comment... ? Tout se passe dans ma tête, non ?
_ Perdu, crétin. Tout cette connerie, ça se passe dans la mienne. »
Puis le cheval s'arrêta. Déjà ? Il allait à quelle vitesse ? Il m'avait semblé que je ne pourrais voir l'ombre qu'après un voyage d'un kilomètre au moins. La voix me pria de descendre, ce que je fis. Puis elle ajouta :
« Pour le moment... contente-toi des trois aiguilles. Les plus petites.
_ De quoi ? »

La porte se ferma aussi métaphysiquement parlant que la dernière fois. Attendez ! Il se passait quoi, là ? Quel était ce trip de merde ? Je tournai ma tête pour voir soudainement le conducteur. Il avait la forme d'un humain, c'était déjà ça de gagné. Il semblait un peu plus jeune que moi, dépassant à peine la vingtaine d'années. Il avait les cheveux blonds assez bien coupés qui formaient presque une coupe au bol. Ses habits étaient entièrement noirs, ce qui ne m'empêchait pas d'apercevoir sa cravate. Et surtout, il portait des lunettes de soleil. Le ton était tellement décalé qu'il me fit immédiatement froid dans le dos. Pour finir, il avait un petit bouc blond sous le menton. Le conducteur me sourit :

« J'espère que le voyage t'a plu. »

J'aurais voulu lui répondre qu'un voyage de vingt secondes était plus une promenade qu'une épopée épique mais la calèche s'enfuit sans demander son reste. Dès qu'elle disparut dans la brume en me laissant sur le carreau rempli de questionnements si multiples que je ne parvenais pas à les formuler, je n'avais pour moi que les bruits de sabot du cheval maltraitant les pavés qui s'éteignaient progressivement. Oh bordel, c'était quoi, ça ? Cette espèce de rêve que je faisais ne me plaisait pas du tout. En plus de son aspect terrifiant, il possédait une aura malsaine qui cherchait à me faire la peau. J'avais l'impression que la Faucheuse était derrière moi me frôlant la nuque de la pointe de sa lame mortelle. J'avais des frissons dans tout le corps. Puis je vis l'Ombre. Au milieu d'une grande place, s'étirant sur toute l'avenue avec une lascivité toute naturelle. Il y avait une sorte d'ambiance que je n'arrivais pas à définir... Le brouillard avait disparu au-dessus de la place pour laisser passer cette Ombre. Je voyais nettement le cadran reflète par l'obscurité, découpé au scalpel fin. C'était de longues lignes noires tracées au charbon sur le sol, se moquant des aspérités des pavés grossiers. Je voyais parfaitement ce qui était inscrit dessus. Je comptais le nombre d'aiguilles qu'il y avait. Douze. Il y avait douze aiguilles qui faisaient le tour de l'horloge avec chacune une vitesse spécifique. Je reconnus l'aiguille des secondes, celle des minutes ainsi que celle des heures. Mais ce n'étaient pas les plus rapides. Mais indéniablement, elles étaient plus longues que la moyenne. Il me semblait rapidement qu'il n'y avait qu'une aiguille plus rapide et plus longue que celles que je connaissais. Je ne comprenais pas ce qu'elle mesurait précisément. Mais il fallait que je m'occupe des trois petites aiguilles seulement qui ne bougeaient pas d'un pouce. Peut-être faillait-il que je lise l'heure avec leur aide. Je posai les yeux sur les bords du cadran. Il n'y avait pas de chiffres. Mais des lettres. Des centaines et des milliers de mots qui pouvaient être pris pour des runes. Je réfléchis doucement à la situation. Il fallait certainement que je prenne le mot devant chaque aiguille. Pourquoi ? Aucune idée. Ça me donnerait une indication quelconque. Je pris chaque mot les uns après les autres. C'était de l'italien. Je le savais, c'était mon pays d'origine avant que je ne parte en Angleterre. Je compris soudainement pourquoi j'étais là. Zanpakuto, hein ? Ce fut ce mot qui me fit étirer mon premier sourire depuis que j'étais ici, tandis que les mots indiqués par les aiguilles mirent à vibrer. C'était donc ça...

« Fino Alla Muerte »


Le Zanpakuto était naturellement attaché à ma ceinture quand je me réveillai un matin, prêt à commencer mon tout premier cours à l'académie. Je fus très surpris de le voir, mais ce fut la joie qui m'envahit le plus. C'était un peu comme un morceau de son esprit qu'on avait égaré et qu'on retrouvait dans le tranchant d'une lame, un peu comme l'âme sœur sûre et certaine qui nous attendait près de notre lit. Chaque élève avait un Zanpakuto différent. Certes, une majorité possédait un sabre assez long. Mais certains avaient tout de même de petites surprises. Pour ne rien vous cacher, j'avais eu un sabre court dans un fourreau vert émeraude. Je ne vous parlais pas d'un petit couteau, mon arme avait une taille respectable. Mais il était bien plus léger et facile à manier que les autres. Le prof m'avait sorti en le voyant :

« En clair, il est spécifique pour toi Nathaniel, qui te bats à grande vitesse.
_ Ahah !
_ Il a une courte lame. Il est donc parfait pour la défense.
_ Oh... »


Pardonnez mes envies de destruction gratuite. Je réussirais à m'en tirer avec un sabre court, ça irait. Puis j'avais eu le plaisir d'avoir un fourreau tape-à-l'œil, de couleur verte qui attirait le regard. Exactement ce que j'aurais commandé si j'avais pu. Quelque chose me disait que je n'attendrais pas longtemps avant de pouvoir desceller mes capacités. Parce que c'était bien beau tout ça, mais Leto avait surpris son monde à parler avec son sabre et à libérer son Shikai dès le premier cours. Je n'avais pas bien vu à quoi ressemblait son sabre après transformation mais l'abruti avait été envoyé à l'hôpital suite à de graves blessures. Ce qui fit peur à tout le monde, évidemment. Le professeur avait passé un long moment pour nous rassurer en disant que c'était très rare que les Zanpakutos produisent cet effet dès leur première libération. Je voulais surenchérir à mon tour pour leur dire que Leto était un cas à part ; mais si la promotion ne l'avait pas déjà remarqué, alors elle ne méritait pas que je lui dévoile cet ultime secret. Artyom disait que Leto allait bientôt revenir auréolé de la lumière de la puissance mais je n'avais pas envie de le désapprouver. Ça prendrait trop longtemps.

Et donc nous en étions là : à nous entraîner avec nos véritables armes. Il y eut quelques coupures au début, et je fus heureux de voir que j'avais les poignets et bras intacts après les premiers exercices. Effectivement, un sabre court était plus facile à manier. Et les exercices continuèrent. Même si les premiers mois furent... fastidieux. On apprit tous les mouvements de base et toutes les postures selon l'adversaire qu'on affrontait ainsi que toutes les parades efficaces. La longueur du sabre ainsi que l'endroit où on paraît le coup étaient pri-mor-diaux. Le professeur faisait d'ailleurs plusieurs explications pour pouvoir s'accommoder aux différents types de sabre. Pour le moment, nous en avions tous. A ce que j'avais entendu, c'était au moment de la libération du Shikai que les armes pouvaient prendre différentes formes ainsi que des pouvoirs spécifiques. Mais sous la forme scellée, à part la longueur et le la garde, rien ne différait vraiment. D'où l'importance des cours au sabre même si quelques-uns dans l'assistance n'auraient pas de telles armes en mode Shikai. Bon, ça n'était pas une perte de temps, loin de là. On pouvait facilement abattre des ennemis sans trop user de ses forces. Puis bon, la grande majorité allait repartir avec des sabres. Le professeur nous rassura tous : l'entraînement au sabre possédait un autre avantage indéniable. Il nous permettait d'appréhender les bases de vrai combat. Si on savait se battre avec une arme aussi compliquée et fouillée qu'un sabre, on pourrait mieux utiliser d'autres armes et on pourrait plus facilement combattre des ennemis pourvus d'une telle lame. L'instructeur nous faisait part de tous nos doutes avec une empathie bienvenue. Juste avant de nous redemander de faire une série de cinq cent mouvements simples. Les Droite Gauches revinrent nous hanter pendant une heure où les bras se firent lourds. Le sabre restait difficile à manier parce qu'il avait un poids certain. Nous en fûmes à la moitié quand le moniteur nous fit un clin d'œil :


« C'est chiant, hein ? » Le professeur nous souriait d'un air compatissant. Il était un peu plus sympa que les deux autres. De carrure moyenne (entre Masochi et l'autre comptable), ses cheveux et cours noirs dressés sur sa tête nous faisaient ressentir la peine de son peigne. Son kimono ne comportait pas de manches afin de pouvoir utiliser son arme plus facilement. Il semblait un peu plus frivole que les deux autres, un peu plus ouvert. Par contre, il restait à dire un truc sur ce mec. « Mais vous allez en faire cinq cent autres, bonne chance. » Ça restait un connard fini.

Des simples mouvements, nous étions passés aux enchaînements de coups. La tâche était bien plus complexe, car les enchaînements étaient aussi nombreux que difficiles à sortir. Il fallait parfaitement connaître les combats au sabre pour réussir à en lancer un avec un timing implacable selon la vitesse ou la puissance de l'adversaire. Ça pouvait être des feintes, des frappes irrésistibles pour briser la défense de l'adversaire, des simples coups avant une attaque surprise, etc... On nous apprit les contrattaques : pour chaque coup et pour chaque enchaînement, il y avait une réponse, une bonne réponse puis une réponse parfaite qui renverrait notre adversaire dans ses cages. J'appris par exemple à trancher en frappes latérales par petits coups successifs pour énerver la défende adverse et le pousser à une contrattaque bâclée. Je pouvais sinon marteler des coups descendants pour l'épuiser rapidement et libérer une ouverture au niveau de son corps pour une frappe de la paume avec toute sa pression spirituelle à l'intérieur. Il y avait ensuite plusieurs voies : cela pouvait être la défense où on épuisait son adversaire en évitant calmement chacun de ses coups, cela pouvait des enchaînements enragés pour garder l'initiative de l'attaque, ou cela pouvait être bien plus sournois, comme n'utiliser que son sabre comme feinte afin d'asséner les véritables coups avec sa main libre. Ce que je faisais avec une joie et une efficacité Made in Crétins. Je préférais largement me battre en utilisant mon corps autant que mon arme. On paraît mon sabre ? Je ripostais d'un coup de paume en plein dans le menton. J'étais un spécialiste du corps-à-corps (du corps-à-corps pas noble à ce qu'on m'avait dit), et me battre avec mes poings en même temps que mon sabre était parfait pour moi. Je me souvins quand le prof était venu me voir pour me parler :

« C'est marrant que tu te battes ainsi. C'est peut-être ton Zanpakuto qui encourage ton inconscient à utiliser ce style d'attaque.
_ Je suis un habitué des combats de rue. J'aime bien me battre avec les mains.
_ Hum. »
Ce genre Hum qui signifiait qu'il m'avait entendu mais qu'il restait tout de même sur sa théorie. Tiens, y avait une question qui me trottait dans la tête :
« Sinon, Monsieur... J'ai vu deux personnes me parler dans mon esprit avant d'obtenir mon Zanpakuto. Cela veut-il dire que je me battrais avec deux armes ?
_ Oui. Généralement, ça se passe ainsi. Sinon... c'est que tu vas avoir droit à une arme folklorique. »


Bon... je savais parfaitement que ça serait la seconde solution qui allait sortir. Quelles étaient mes chances d'avoir une arme en double quand je pouvais avoir une arme étrange ? Pourquoi j'avais la subite impression que chacun d'entre-nous quatre allait se coltiner une arme tellement crétine qu'on ne réussirait qu'à faire rire l'adversaire ? Le prof m'avait dit qu'il valait mieux avoir une arme inconnue que l'ennemi ne pourrait pas anticiper plutôt qu'un sabre en fin de compte. Il avait raison quelque part. Il n'arrêtait pas d'émettre des vérités intéressantes ce gars. Et il continua notre formation avec une ardeur peu coutumière. Après que chaque élève avait maîtrisé une palette de coups impressionnante ainsi qu'assimilé les parades, les postures, les contre-coups, les feintes, les combos et tout le tintouin, on passa rapidement au vrai combat. Enfin, au simili vrai combat.

On récupéra dans un premier temps nos épées en bois avant de se mettre par paires. Ayant rapidement marre que deux paires (toujours les mêmes) en particulier commencent à se frapper dessus avec une hargne inhabituelle, il décida bien vite de former lui-même les groupes. C'était plus fort que nous... Nous quatre pouvions marcher côte-à-côte sans aucun problème ; mais si par hasard on se trouvait les uns en face des autres, on était obligés de se faire manger le poing. Après le signal de départ, ce fut dans la pratique qu'on comprit rapidement (même si on s'en doutait un peu) que sortir des enchaînements, adopter telle posture contrer telle attaque... Ben... ça allait pas être aussi propre. Rapidement, tous les combats se transformèrent en une salsa étrange où le sabre virevoltait au hasard pour frapper l'adversaire, son sabre sur la trajectoire par hasard, le tatami, ou encore un autre élève. Après deux minutes de matraquage acharné, le maître mit fin aux combats. Il dit qu'il s'attendait à ce que le tout soit très brouillon, mais que nous allions réaliser des mouvements de plus en plus clairs. Pour étayer ses arguments, il demanda à deux étudiants de se lever pour leur demander de se combattre afin que toute la classe puisse analyser ce qu'ils fassent. Évidemment, il en choisit d'assez bons histoire d'éviter un combat entre un Leto face à une frêle jeune fille. Les étudiants levés s'appliquèrent à faire un combat plutôt pas mal tandis que le prof commentait toutes les actions. Il demanda à une autre paire de venir s'affronter tandis qu'il remerciait les deux élèves. Au fur et à mesure, je compris à peu près comment un combat était censé se dérouler. J'analysai avec soin tout ce qu'ils faisaient, repérant toutes les failles dans leur défense. De plus, le prof n'hésita pas à inviter de vrais Shinigamis une journée pour des combats minutieusement chorégraphiés et commentés. La souplesse à laquelle ils se battaient était tout simplement effarante. Les combats ressemblaient à des scènes d'action pris en cliché par un appareil photo asthmatique : un coup ici, un coup-là, un autre là-bas etc. La valse obtenue était une somme de secondes grappillées avec des bruits aigus de chocs métalliques au fond. C'était plutôt impressionnant. Une semaine plus tard, on repassa aux Zanpakutos.


« Pour le moment, entraînez-vous à vous battre l'un face à l'autre sans trop vous éloigner. Ne prenez pas cinquante mètres pour vous combattre même si le besoin s'en fait sentir. N'utilisez ni les poings, ni les Kidos et évitez de blesser votre adversaire. Tentez même de combattre plus lentement pour avoir le temps d'attaquer ou de poser votre défense. Mais vous n'êtes pas là pour tricoter ! Un combat au sabre n'est pas une série de frappes au hasard en espérant de toucher votre adversaire au petit bonheur la chance.

Vous devez partir du principe suivant : comment en un coup puis-je battre mon adversaire ? Si vous ne trouvez pas la réponse à cette question, alors vous devez savoir comment vous pouvez le battre en utilisant le moins de coups et le moins de mouvements possibles. Faîtes au plus simple, toujours. Ça sera plus efficace dans toutes les situations. Les stratégies à long terme sont voués à ceux qui partent trop défavorisés d'avance, ne les utilisez jamais. Demandez-vous toujours comment battre l'adversaire rapidement selon sa garde, sa posture, ses pouvoirs - nous verrons ce point dès que vous pourrez desceller votre Zanpakuto. En gros, vous devez rationaliser tous vos mouvements. Ne pas utiliser plus que nécessaire. C'est cela, le vrai combat au sabre. La méthode la plus efficace et la plus simple. Si un coup ne suffit pas, un petit enchaînement. Si un petit enchaînement ne suffit pas non plus, alors faîtes un long. Sinon, utilisez vos Shyunpôs, votre Kido, votre pouvoir. Si l'adversaire prend l'offensive, par-dessus tout ! restez calme. Analysez tranquillement ses mouvements. Une défense s'épuise moins vite qu'une offense. Cherchez la bonne solution au problème donné à une vitesse éclair. L'ennemi s'avance trop quand il enchaîne ses attaques ? Passez derrière lui avec un pas de côté et tranchez-le. Votre adversaire joue trop la défense ? Détruisez-la à l'aide d'un Kido. Un combat au sabre est une succession de problèmes auxquelles vous devez trouvez les réponse les plus adéquates. Celui qui peut faire marcher sa tête le plus vite remportera le combat. Je vous ai transmis toutes les bases et tous les coups disponibles. Vous devez trouver les réponses aux défenses et aux attaques ennemies avec ce que je vous ai enseigné. »


Et c'est à grand coups de combat que ces derniers prenaient forme. Les semaines s'écoulaient et nous réussissions à fournir des duels propres et assez intéressants. Après des heures et des heures de ce régime, nous avions changé d'enceinte pour une plus vaste. Et bien plus résistante. Le professeur voulait nous faire l'expérience de véritables combats en utilisant toutes nos techniques disponibles sans tenter de tuer la personne en face. Les gens qui passaient récoltaient des blessures mais rien de très sérieux. Quand quelqu'un se prenait une entaille au bras, le moniteur s'exclamait à haute voix pour signifier qu'il devait faire semblant de l'avoir perdu, comme dans un véritable combat à mort. L'exercice était plutôt amusant. Parce que pouvoir jouer sur tout le terrain sans être obligé de se coller à l'adversaire démultipliait les opportunités d'attaque. On me permit même de pouvoir utiliser mes mains et mes pieds pour le combat. Je fus très fier de pouvoir exploser le premier type que j'avais en face en moins de quelques secondes. En même temps, je m'y attendais un peu. Les étudiants pouvaient faire autant de combats qu'ils voulaient, ça ne ressemblait pas encore à la violence habituelle des coups et du sang. J'étais habitué à me battre, je savais comment prendre les affrontements par le bon bout. Le professeur me demanda par la suite de ne pas utiliser ma super vitesse qui était un terrible avantage pour moi. Un jour, le maître en sabre nous soumit à un exercice :

« Nous allons faire ce que vous avez certainement fait si vous avez suivi des cours d'arts martiaux avant d'entrer dans le Rukongai. Vous allez vous mettre en ligne. Le premier de cette ligne devra affronter le second. Le vainqueur affrontera le troisième. Et le vainqueur affrontera le quatrième. Etc. et ce jusqu'au dernier de la file. Allez-y ! »

J'étais dans le dernier tiers de la file, je pouvais toujours attendre. Les étudiants se mirent à se batailler plus ou moins facticement. Le professeur arrêtait le combat dès qu'il sentait que le tout tournait mal ou si l'affrontement prenait trop de temps. Il y avait eu quelques gars qui avaient réussi à enchaîner plusieurs victoires de suite même si ce fut une fille qui remporta la palme en écrasant ces adversaires dix fois d'affilée. C'était plutôt impressionnant. Juste à ma gauche, j'avais un grand type qui avait plus d'épaules qu'une armoire de bibliothèque. Et qui n'avait pas besoin d'échelle pour accéder aux rayons les plus élevés. C'était super chouette tout ça... S'il réussissait son combat, j'étais bon pour me le manger juste derrière. Et le pire, ça serait qu'il se fasse battre. Pas envie d'affronter un monstre tueur de mammouths. J'attendis patiemment que les combats s'enchaînent sans temps mort, re-déversant les perdants sur la ligne tandis que le vainqueur provoquait en duel le prochain Shinigami. Joyeuse ambiance. Avec de peu de chance, je pourrais défoncer la gueule d'Aslor, Artyom ou Leto. Puis un Shinigami d'une grande puissance pulvérisa ses adversaires en un éclair. Même le prof semblait surpris. Il réussissait de très bon mouvements et lisait dans le jeu de son duelliste sans aucune difficultés. Il était très bon. Et j'allais peut-être l'affronter après la montagne à-côté. Ce fut leur combat qui commença d'ailleurs. Bon, je savais déjà que le mammouth allait se faire exploser. Le prof leur demanda de commencer. Et juste une seconde plus tard, le combat était terminé. C'était Mammouth qui avait gagné avec un coup de sabre et une baffe à faire disperser un cumulo-nimbus. Euh... pouce... Quoi, c'était déjà terminé ? Et je devais me lever pour affronter ce mec ? Mais j'avais pas envie ! Il avait tué l'autre gars avec sa main. Hop hop hop ! Non, on n'allait pas jouer à ça directement !

Je me levai aussi fébrilement tandis que tout le monde se remettait de la puissance du Mammouth qui avait écrasé le Shinigami prometteur. Le prof ordonna d'une voix inflexible à ce que le combat commence. Le baraque ne prit même pas la peine de me jauger : il me fonça dessus dans un barrissement impitoyable. Bon, ce n'était pas comme si je n'avais pas été au courant. Je fis mine de vouloir bloquer juste avant de lâcher un puissant Shyunpô. Sa lame s'abattit sur le parquet dans un bruit de tonnerre. Dommage pour lui, j'étais déjà en l'air à une distance suffisante. J'incantai le Hado numéro 31 ; une boule de feu rougeâtre sortit de ma paume pour aller s'écraser sur mon adversaire. Con comme un balais, il allait certainement tenter de foncer dans ma direction avec un Shyunpô. J'en fis un autre pour m'éloigner encore, histoire d'éviter le boulet de canon que j'avais prévu. Grâce à ma pression spirituelle, je réussis à me maintenir en l'air comme on avait appris récemment (ce qui avait donné lieu à de nombreux cours sur le combat en trois dimensions). Il était bien moins rapide que moi, et encore, on m'avait toujours interdit d'utiliser toute ma vitesse. Autant pour ne pas trop désavantager les combats que pour éviter de me renvoyer à l'hôpital après une fausse manipulation. Les bâtiments comptaient autant de murs que de dangers pour moi. Mais bon, je ne pouvais pas perdre aussi directement après mon premier combat. Leto hésiterait pas à me faire chier avec cette histoire. Si je balayais ce gros con, tout irait pour le mieux. Je fonçai vers mon adversaire avec toute ma vitesse (qu'on m'avait accordé) et lui envoyai un coup de katana qu'il para avec aisance. Il chercha à m'envoyer un coup de poing que j'évitai en faisant tournoyer mon corps. Nous étions au corps-à-corps maintenant, quasiment collés. Je fis un Shyunpô en arrière avant de revenir d'un coup sec au-dessus de sa tête. Je lui envoyais un coup de sabre qu'il para encore une fois mais qui eut tout de même pour effet de le faire redescendre sur terre à grande vitesse. Le type plia ses genoux pour contenir le choc. Il avait aucun blessure ou quoi ? Bordel, il était plutôt bon en fait. J'avais rien réussi à lui faire faire comme dégât. Bon, on allait tenter de foncer dans le (gros) tas, ça avait fait ses preuves quand une situation était bloquée. J'étais à vingt mètres au-dessus de lui. Il attendait ma réaction. Let's Go. Le vent siffla dans mes cheveux tandis que je fonçai sur le sol à une vitesse démesurée. Il fallait absolument que j'éclate la gueule à ce type rapidement. Mais absolument. J'allais leur montrer quel débile j'étais. L'impact allait bientôt arriver. Il préparait sa défense, je préparais mon attaque. Le prof allait certainement bouger pour éviter un blessé grave même s'il faisait mine de rester immobile. Le tranchant de la lame ennemie refléta un rayon de soleil. Rayon de soleil qui s'amplifia dans un grondement avant de m'engloutir pour me lâcher dans une chute de ténèbres.

Et ce fut à nouveau que je retrouvais Londres. Sauf que j'étais sur les toits des bâtiments victoriens, contemplant le brouillard bleu lumineux par le haut. Oh putain, pas encore. J'étais en tenue officielle de Shinigami étudiant maintenant. Mon Zanpakuto était vraiment étrange. Il allait très certainement me soumettre une épreuve pour voir si j'étais digne de confiance. Comme on nous l'avait appris. Ça me rassurait pas tout ça. J'avais une belle vue sur le cadran de l'horloge. L'Ombre ne devait pas être très loin. En tout cas, j'avais toujours ce sentiment d'oppression, même si je n'étais dans les ruelles qui pouvaient filer la claustrophobie à n'importe quel chevalier en armure. Puis ils arrivèrent enfin... Les esprits de mon Zanpakuto... Il y avait d'abord le conducteur (qui avait changé de lunettes de soleil et qui avait une clop au bec), puis le petit démon sur ses épaules... Qui était... un bébé phoque. Non. Ce n'était pas possible. Je refusais que mon Zanpakuto, symbole de puissance absolue soit représentée par un bébé phoque ressemblant plus à une petite peluche qu'autre chose. C'était lui le petit démon ? Non ! C'était impossible ! Je refusais ! Il y avait des limites au foutage de gueule : l'académie, es cours... puis ma propre arme ?! Non. Ma compréhension avait sérieusement pâti ces dernières années mais elle ne pouvait pas faire plus d'efforts. Mes pensées se matérialisèrent :


« Un phoque ?
_ EEEH PUTAIN, il commence !!! Je t'avais dit que c'était un demeuré ! Viens, on le laisse dans la merde !
_ Mais... mais... mais il me fait quoi le phoque ? C'est quoi ton problème ? »
Ce n'était pas vraiment fameux mais je ne savais pas comment répondre à un phoque qui crachait des insultes comme des mollards. On ne m'avait jamais dit qu'un bébé phoque serait un esprit pour une lame aussi affutée que la mienne. Le phoque en question me regarda avec des yeux qui auraient achevé les chevaliers cités. C'étaient deux billes noires, deux concentrés de saloperies qui cherchaient à me tordre la nuque. Il me rétorqua véhément :
_ Mon problème a un bouc minable et s'habille comme une tarlouze.
_ Je vais te faire bouffer...
_ OH PUTAIN !!! »
Le blond avait crié. Le phoque et moi se calmèrent aussitôt. Je remarquai qu'il portait une chemise noire qui le rendait quasiment transparent. Il reprit : « Je m'habille pas comme une tarlouze... » Fino éclata de rire en se foutant ouvertement de nos gueules. Ils étaient incapables d'être sérieux les deux ? Bordel, la honte. Mais le côté peu sérieux de la scène me fit revenir le sentiment d'oppression en pleine gueule. Les deux esprits en avaient l'air conscients et ils se turent soudainement pour m'observer. Okay, c'était quoi le blème ? Ce fut le blond qui reprit la parole, la cigarette dans la bouche :
« Je vais commencer par nous présenter. Tu peux m'appeler Muerte. Et lui, c'est Fino.
_ Fino le phoque...
_ Lâche ton commentaire, pucelle, et je t'étrangle avec ta propre main.
_ Et je disais donc... Tu sais ce que c'est, ça ? »
demanda le blond en tendant les mains pour embrasser le Londres englouti dans la brume. Je sentais la tension malsaine s'accumuler. Les deux me regardaient avec un air de reproche terrible (que je venais de deviner derrière des lunettes de soleil et des billes noires ; ce qui faisait de moi un gars très empathique).
« C'est une projection de notre esprit ?
_ Toute cette Londres abattue... c'est ton égo Nathaniel. Et les rues sont les craquelures de ton âme. La brume représente ton péché, ta perte de toi-même.
_ En gros, t'es un détraqué »
, conclut rapidement Fino sans sourire.
_ Comment veux-tu qu'on accorde notre aide à un type qui s'est suicidé ? Tu comprends notre scepticisme...
_ C'était le Nathaniel d'avant. Je change, j'ai changé. Je suis venu à l'académie des Shinigamis, je deviens quelqu'un.
_ La preuve avec cette ville. »


Oulà ! Mais ils me faisaient quoi comme sketch ? Donc ce sentiment d'oppression venait de là ? Je me détestais moi-même ? J'avais toujours eu des hauts et des bas à cause de mon suicide. Surtout au début, quand je n'avais pas plus pied à la Soul Society que dans le Monde Réel où je m'étais banni d'un coup de revolver. Quand on était mort, on avait le temps de déprimer. Mais peu à peu, j'avais réussi à m'en remettre. Les hauts et les abysses avaient finalement cédé à un « D'où que je venais déjà ? Ah oui, c'est vrai. ». J'avais retrouvé un nouveau quotidien, une nouvelle vie qui supplantait peu à peu l'ancienne. Je ne me souvenais que de la Terre comme un lointain souvenir dont je ne devais plus avoir honte, surtout que j'avais eu le courage de pénétrer le Seireitei. Alors pourquoi me le reprochait-on encore ? Pourquoi je me le reprochais encore ? Je n'avais pas eu le temps de digérer ? Je me mis sérieusement à douter. Si ces deux-là avaient raison, je ne pouvais pas me mentir à moi-même. Je tentais de reprendre le contrôle de la situation :

« Eh ! Je m'en fous de tout ça maintenant. Rien à battre de cette vision. Je me sens bien avec moi-même, et c'est en devenant Shinigami que je vais oublier toute cette connerie. Si vous voulez pas m'aider, c'est peut-être que vous avez pas bien compris ce que je tente de vous dire. »
DONG DONG
« Tu entends ça Nath ? C'est la Grande Horloge.
_ Tiens ? J'avais cru que c'était le ventre du phoque qui gargouillait.
_ Mais bordel, c'est juste une pouf ! On dégage !
_ La Grande Horloge de ta vie Nathaniel et ses douze aiguilles : celle du temps qui passe inexorablement et affranchie de la numérologie des hommes, puis les secondes, les minutes, les heures, les jours, les semaines, les mois, les ans, les décennies, les siècles, les millénaires puis enfin, ta vie. Quand la plus petite aiguille abroge son tour du cadran, c'est que tu es mort. Et j'ai l'impression qu'elle est en train de se faire entendre. Plus que dix coups.
DONG ! DONG !
_ Plus que huit à ce qu'il semblerait »
sourit Fino.
_ Attendez, pas de blague ! On va se calmer. Je peux mourir... dans un foutu rêve ?
_ Tu es déjà mort Nathaniel, et tu peux mourir une seconde fois dans la Soul Society. Alors, pourquoi pas ici ? Pourquoi pas dans ta propre dimension ?
_ Il va crever. Un étron a plus de couilles que lui.
_ Fino, tu n'aides pas. Je m'en occupe seul à partir de maintenant.
_ Mais qu...
_ Je m'en occupe seul.
_ Putain, allez chier tous les deux. »
Fino fit un grognement de sa voix nasillarde avant de partir dans un claquement de brume. Il ne restait plus que moi et Muerte caché derrière sa paire de lunettes de soleil.
_ Je suis beaucoup plus conciliant que Fino, mais je ne pardonne pas non plus, Nathaniel. Je te jette un défi. Soit tu abandonnes maintenant et tu n'entendras plus jamais parler de nous. Soit tu acceptes de mettre ta vie en jeu pour restaurer notre confiance.
_ Je crois pas qu'il y ait à hésiter. »
DONG ! DONG !
« Le but est simple. Prouve-moi que tu veux devenir Shinigami et que tu tiens à la vie avant que les six derniers coups ne sonnent ou que tu périsses de mes mains. »
Ce n'était pas avec de la voix qu'il avait dit les derniers mots. Plus comme des ondes de ténèbre dans l'air que je réussis à comprendre. L'atmosphère était devenue bien plus noire qu'avant. Je regardais l'Horloge, véritable point au milieu de la ville entière. Ma ville. Quand je retournai mon regard vers Muerte, il montait sur sa calèche d'obscurité apparue comme par enchantement. Le cheval qui me fixait n'avait pas de globe oculaire dans ses orbites. Quand quelqu'un avait une calèche avec un cheval pareil, c'était la preuve qu'il ne plaisantait pas. Il prit les rênes et les fit claquer sur l'encolure frémissante.
« Une dernière question ?
_ Plus que six coups ? Je vais pas avoir beaucoup de temps...
_ Tout dépend de toi. Et maintenant, fuis. Et je peux te rassurer... Un homme n'entend généralement que onze coups. Le douzième, il est déjà en train de dormir. »


Les rênes volèrent avant de fouetter le cheval une seconde fois. Il n'émit pas plus de bruit que le premier claquage mais toute sa peau frémit. Puis le cheval se mit à foncer vers moi dans un puissant galop. Le jeu était lancé. Comme le vint souligner un autre DONG !

Je me retournai et fonçai sur un bâtiment voisin avec un saut de plusieurs mètres. La brume passa sous moi juste avant que mes pieds ne ré-atterrissent sur un autre toit. Je faillis déraper sur les briques mais plaçai un Shyunpô autant pour éviter la chute que pour partir encore plus loin. J'avais pris assez d'avance, non ? Je regardai derrière moi. Évidemment, la calèche roulait dans les airs sans se soucier du moins du monde du principe de la gravité. J'entendais même le grincement des roues rouler sur une matière invisible. Et ce connard allait très très vite. Je repartis d'autant plus rapidement, fonçant à travers les bâtiments à ma vitesse la plus élevée. On m'avait dit que je pouvais rivaliser avec des Shyunpôs quand je fonçais à cette allure. Le paysage se floutait sur les coins et je ne parvenais qu'à voir un point précis devant moi. Le vent battait à mes oreilles tandis que je sautais de toit en toit, poursuivi par un véhicule fou et son conducteur sorti de plages sordides. DONG !

Ce n'était pas possible qu'il aille aussi vite ! Non content de me poursuivre sur des toits de bâtiment dont une bonne partie n'était que des amas de tuile qui devraient s'affaisser sous le poids et la vitesse de l'engin, il me rivalisait en vitesse ! J'activai plusieurs Shyunpôs pour aller encore plus vite, mais je ne gagnais que quelques mètres. Mon objectif était de partir de la ville avant que les douze coups ne sonnent. Même si je ne voyais pas en quoi c'était censé prouver que je voulais vivre. Il avait dû dire ça comme ça, une façon simple de se donner un style. Tout comme me poursuivre avec une calèche enragée. Mais il était certain que je ne pourrais pas le défier comme ça. Il fallait absolument que je rentre dans les ruelles. Sans ralentir, je parvins à faire un virage serré juste afin de prendre une tangente acceptable pour descendre dans la rue. Je traversai le brouillard et me retournai subitement pour prendre la ruelle dans l'autre sens. Histoire que la roulotte parte du côté logique vers lequel j'aurais foncé, grâce à la brume qui empêchait de voir le sol. Par contre, j'étais obligé de ralentir pour éviter de me prendre tous les murs. J'avais encore des progrès à faire pour pouvoir foncer à une vitesse de dingue dans des endroits où un obstacle matériel me redirigerait directement sur la case « Hôpital ». Alors c'était ça les Zanpakutos ? Des trucs barges qui souhaitaient absolument que tu fus parfait ? Ridicule. Quelle déception. Vous me direz, ils avaient exactement la même vision de moi. On ne s'entendait pas parfaitement bien. Un hennissement terrifiant brisa le silence. Pire : il provenait de derrière moi. La calèche maudite me poursuivait toujours, se jouant de mes feintes comme avec un bout de chiffon. Je pris de la vitesse, me cognant contre les murs quitte à me faire déboîter l'épaule.
DONG !

Je m'approchais du périphérique de la ville, même si je doutais qu'il y en avait une. Autant sortir de son propre esprit ; bref, devenir fou. Ce n'était certainement pas ce que désirait mon Zanpakuto. Il fallait absolument que je réfléchisse parce qu'il m'avait proposé une énigme. Il voulait que je leur prouve que je voulais devenir Shinigami. Que je devienne un combattant. En bref, je faisais tout l'inverse de ce qu'il fallait faire. Je ne devais pas fuir. Mais est-ce que çà suffirait ? Est-ce que mes Zanpakutos m'avaient fait venir juste pour que je reste immobile devant un cheval sans orbites ? Bien sûr que non, je sentais qu'il y avait un autre truc. Si je me souvenais bien, il fallait que je leur prouvais que je voulais vivre... Je fis une pointe de vitesse basée sur les Shyunpôs pour perdre mon poursuivant dans les ruelles en enchaînant les virages. Il y avait un truc que je devais faire, mais quoi ? Comment leur prouver que je ne désirais plus me suicider et que c'était entier que je partais devenir un Shinigami ? Que fallait-il faire pour les convaincre que je voulais rester en vie tandis que...  DONG ! « … tandis que l'Horloge de ma vie sonnait... ? Mais oui ! Évidemment, je comprenais mieux leur comportement. Je me retournais d'un seul bloc vers la carriole. Muerte me fit un grand sourire :

« Ça t'allait bien de fuir ! Pourquoi tu t'arrêtes ? Tu veux me prouver que tu tiens à la vie en te faisant écraser ?
_ Mais ferme-la, sérieux... »


Je lui envoyai le seul Bakudo que je connaissais dans les bras mais il le dissipa d'un froncement de sourcils. J'utilisai alors mon Hado : une boule rouge apparut dans mes mains avant de se projeter juste devant les sabots du cheval. Il y eut une belle explosion ainsi qu'un nuage de fumée impressionnant. J'en profitais pour utiliser un Shyunpô et me faufiler derrière la calèche avant de revenir sur mes pas à une vitesse folle. Le but n'était pas d'échapper à Muerte en partant de mon esprit, mais à faire tout l'inverse : se diriger vers l'Horloge. Puis je grimperais jusqu'au au cadran et saboterais l'aiguille. Il n'y avait pas meilleure métaphore. J'avais du mal à lire entre les lignes, qu'est-ce qu'il me faisait chier ces Zanpakutos de merde ! Je fis un bond vif pour me retrouver sur un bâtiment, et je me mis à accélérer de tout mon saoul : mes jambes fonçaient vers l'horloge gigantesque tandis que j'utilisai des Shyunpôs pour booster ma vitesse. La calèche était toujours derrière mais ne parvenait pas à me rattraper. Je me rapprochais de la grande horloge à ma vitesse maximale. Je compris très vite que mes jambes n'allaient pas supporter très longtemps ce traitement. L'adrénaline agissait comme un fortifiant puissant, mais jamais elle ne pouvait repousser les limites du corps. Je bondissais de toit en toit avec une rapidité exemplaire. Des larmes perlèrent aux coins de mes yeux. Je n'entendais plus rien ; je me déplaçais si vite que le vent hurlait à mes oreilles coupant tout autre son. Je bandai les muscles de mes cuisses et bondis le plus haut possible sur l'immense horloge. Je n'en étais pas à la dixième de sa hauteur.
DONG !

Je commençai à grimper verticalement le plus vite que je pouvais sur cet immense bloc de béton ciselé de façon plutôt délicate. Si je faisais le décompte, il ne me restait plus qu'un seul coup avant de crever. Métaphysiquement parlant ou pas. La calèche me suivait toujours en roulant sur le mur du bâtiment comme si elle se trouvait sur une autoroute banale. Cependant, elle avait ralenti. Elle semblait plus vouloir me suivre que de me pourchasser comme elle l'avait fait jusqu'à présent. Je regardai en l'air et vis le cadran malgré mon angle de vision. J'avais l'impression que je devais monter un kilomètre, et la plus petite aiguille fonçait docilement vers le haut du cadran sans s'arrêter outre-mesure. Je me mis à utiliser toute la puissance dans mes jambes, hurlant tout en grimpant et infligeant des dégâts à la structure à chacun de mes pas. J'écrasai le mur mais je réussissais à aller de plus en plus vite. Il me restait pas plus de cinq secondes si l'aiguille continuait à tourner aussi vite. Mais j'avais couru longtemps, j'avais expérimenté mes capacités... et je savais parfaitement que jamais je n'irais assez vite pour rejoindre la grande aiguille. Mais je continuais tout de même à foncer verticalement telle une petite fusée voulant faire ses preuves. Le vent se déchaînait en hauteur, m'arrachant des grimaces en me déstabilisant par son souffle. Il me restait encore cent mètres à franchir. Et une seconde pour les parcourir. Impossible. Totalement impossible. Et soudainement, je sentis une nouvelle puissance naître dans mes jambes. Un flux qui fit craqueler l'air et qui fit accuser au mur une onde de choc. L'instant d'après, dans une seconde passée aussi vite que moi, j'étais sur l'Aiguille Vitale, les bras accrochés autour de la barre de fer d'obsidienne. Je faisais quoi maintenant ?
DONG !

Euh... Fail ? Quoi ? J'étais arrivé mais j'avais servi à rien ? Quoique... le douzième coup avait sonné et je pouvais encore penser que que je pouvais penser. Muerte était debout sur la tige de l'horloge. Il me présenta une main blanche en souriant :

« On dirait que les coups de l'horloge n'étaient pas pour toi finalement, mais pour fêter Minuit. » Je saisis sa main pour me dresser à mon tour sur la pointe carrée de mon aiguille de vie. On ne pouvait plus dire que la vue était impressionnante à ce niveau : elle était inquiétante. Nous n'avions pas trois mètres carrés de métal quand même. De plus, ma vision commençait à se brouiller de l'effort produit. Si j'avais pas été aussi mort, je lui aurais envoyé mon poing dans la gueule pour le faire chuter. A la place, je répondis enfin : « Je l'ai toujours su. »

Muerte me demanda de regarder mes chaussures d'un coup d'œil. Je baissai mes yeux pour apercevoir ce que je pouvais maintenant appeler mon Shikai : deux jambières métalliques souples ornaient mes jambes, remontant jusqu'aux moitié des mes cuisses. Je ne sentais quasiment pas leur poids mais je ressentais leur puissance. Elles étaient plutôt sombres tout en gardant les reflets métalliques propres aux matériaux imités. Le style était plutôt simple sans faire dans le décorum. J'avais les pieds recouverts de rubans de métal, les chevilles protégées mais assez libres et la jambe compressée sans gêner. Mes membres inférieurs étaient bloqués dans un étau d'une puissance impressionnante. Avec ça...

« … Tu vas pouvoir défoncer le gros porc en face. Je te présente ton Shikai : Il Capriccio di Eolo.
_ Pas mal comme nom... Partenaires ?
_ On sera vraiment partenaires quand même Fino te fera confiance. Mais pour le moment, c'est effectivement notre désir le plus cher.
_ Alors nous partons sur de très bonnes bases. Je vous remercie tous les deux, les gars. Je vous promets qu'on se reverra bientôt.
_ Étrange que tu dises ça... On ne se quitte pas, pourtant. »


C'était vrai. Je lui demandais où je devais aller pour sortir du combat. Il m'indiqua le vide d'un doigt et d'un sourire. Effectivement... Je devais être en train de tomber sur mon adversaire. Il fallait que je reprenne le mouvement... Ce fut avec un plaisir manifeste que je fis un bond avant de chuter vers le sol, tête en avant et sabre prêt à déchirer du kimono. Je fermais les yeux tandis que le monde disparaissait et s'écrasait en lui-même pour que naisse une étincelle. J'étais revenu dans la salle de tout à l'heure. Une demi-seconde ne s'était même pas écoulée ; le temps venait de reprendre son cours normal. Et pendant qu'ils me voyaient tomber sur mon armoire, pas un ne pouvait s'imaginer que je venais de rencontrer mes deux Zanpakutos et qu'on avait joué à un jeu de chasse terrible avec une calèche endiablée. Ah oui, un de mes esprits était un bébé phoque. Si je le disais publiquement, Leto ne manquerait pas de se foutre de ma gueule jusqu'à ma mort. Ou la sienne. Je ne me sentais même pas vidé ou épuisé de fatigue. Toute l'énergie que j'avais perdu dans la course était revenue et m'encourageait. Ok, on allait voir ce qu'on allait voir. Je commençais à m'approcher dangereusement de mon adversaire. L'incantation pour débloquer mon Shikai me vint naturellement à l'esprit, comme si j'avais passé une semaine cloîtrée dans ma chambre pour l'apprendre :

« Muovi il culo e accelera, Fino alla Muerte ! »

Une lumière blanche, une puissance écrasante, tous les élèves qui me regardent comme si j'avais des ailes de poulet dans le dos. Mes jambières étaient collées à mes jambes. Pauvre armoire normande, j'allais te défoncer. J'activais sa capacité et c'étai...

__

« Où suis-je ? »

Si vous aviez suivi mes précédentes mésaventures, vous saviez alors que je venais tout simplement de répondre à ma question rien qu'en la posant.

__

Ce fut Masochi qui une nouvelle fois vint me tirer de mon lit d'hôpital en m'expliquant que puisque mes attaques se résumaient à du corps-à-corps pur et dur, j'allais continuer les enseignements au sabre tout en les couplant avec des cours particuliers avec lui. Qu'ils puissent me spécialiser en combat avec des coups de pied. Pour une fois, je fus ravi du résultat qu'on m'avait imposé. Je continuais un peu la formation avec mon sabre juste pour faire plaisir aux dirigeants de l'académie tandis que mon entraînement véritable se faisait avec un maître en arts martiaux.

Les premières semaines, Masochi m'apprit les subtilités du combat avec des coups de pied comme force principale, les poings ne servant qu'à se défendre, à repousser un adversaire avec un coup ou encore à l'immobiliser. Mais les coups de pied restaient mon arme de prédilection. Pour cela, je devais les entraîner encore et encore pour subir un combat prolongé sans risque de me faire un claquage aux cuisses dans un moment stupide. Je comprenais tout à fait... Donc, c'était reparti pour apprendre des mouvements de base jusqu'à les porter à un point de perfectionnement hyper poussé. Je dû arrêter pour plusieurs jours à plusieurs reprises les entraînements à causes de blessures importantes au niveau musculaire. Heureusement rien que la médecine Shinigami ne pouvait soigner et ne faisait durer. Chaque jour était un nouveau supplice à endurer comme une punition divine. La patience n'avait plus sa place dans mes préoccupations. Foutre un coup de pied puissant était bien plus difficile que d'envoyer son poing dans le menton de l'adversaire. A la fin d'une journée exténuante, il ne me restait même plus d'énergie pour rejoindre mon lit. Je rampai sur le parquet comme une misérable larve. Les exercices étaient toujours répétitifs à l'extrême, mais l'ennui n'était pas au rendez-vous. Parce que je commençais à être fier de ce que je faisais et j'avais envie de me prouver que je pouvais dépasser mes limites chaque crépuscule. Surtout depuis que je me demandais qui se faisait le plus chier entre celui qui faisait l'exercice de mille coups de tatane en l'air, ou celui qui devait regarder sans rien faire pour vérifier que je me barrais pas en courant.

J'avais eu droit à de nombreuses réflexions sur la meilleure manière d'asséner un coup de pied. Et à gérer mes attaques dans les trois dimensions. Parce que pouvoir marcher dans les airs impliquait une nouvelle gamme de coups par dessous ou par-dessus par rapport à l'ennemi sans oublier le facteur invariable du sol. Il fallait donc se diriger dans les airs en même temps qu'envoyer des tatanes et se positionner face à l'adversaire pour lui asséner des coups rapides et puissants. J'appris ainsi à foncer vers ma cible en contrôlant ma vitesse pour pouvoir asséner mon coup en domptant mon élan, à envoyer mon pied dans son cou pour le briser instantanément, à utiliser mes poings et mes genoux quand j'étais à proximité de mon adversaire pour le repousser en lui infligeant des dégâts. Les variétés de mes attaques étaient infinies. Je devais toujours être à bonne distance de l'adversaire pour que l'attaque soit à sa puissance maximum, mais je devais faire attention à son sabre. Il fallait que je vise les endroits où mon ennemi ne pourrait pas se défendre facilement. Après lui avoir montré mon Shikai, Masochi me dit que c'était une bonne chose qu'il soit renforcé. Mais il refusa toujours que je les mette pendant les entraînements. Il m'apprit les bonnes positions, le pas en avant que je devais effectuer pour faire chaque coup de pied, que je sois sur le sol ou non. La posture devait être différente que celle qu'il m'avait apprise lors des premiers jours. Et mon énergie spirituelle devait être plus dirigé vers mes pieds que vers le haut du corps. C'était tout ma concentration et mes raisonnements qui étaient chamboulés.


« Tu dois assimiler tes faiblesses ! Et ta faiblesse, c'est que tu ne peux pas asséner tes coups normaux que si tu es immobile. On va se concentrer sur ta défense et sur tes réflexes. Ton but sera de trouver la faille chez ton adversaire pour éviter toute contrattaque qui te serait fatale. Observe sa façon de se battre, déstabilise-le avec ta vitesse puis écrase-le. Tu dois pouvoir sinon lancer des attaques tout en te déplaçant, ce qui est tout un art. Tu dois pouvoir tout calculer Nathaniel : la défense adverse, ton attaque, ta vitesse. L'expérience des combats t'apportera beaucoup. Il faut que tu sois capable de comprendre et d'anticiper. Tu devras être le maître sur le terrain Nathaniel. Ta vitesse te permettra l'initiative, ainsi que de déjouer toutes les offenses au monde. Ne te laisse jamais piéger. Tu seras plus fort en extérieure aussi. Je vais t'inculquer des astuces pour que tu ne sois pas biaisé. »

Je compris bien vite les pouvoirs de mon Shikai. Ce n'était pas du tout une vitesse améliorée, mais une impulsion au niveau des jambes, une accélération. Ou comme on dirait dans les milieux sans subtilité mais où on savait bien boire, un « Dash ». Une accélération soudaine, comme un super Shyupô. La force de mes frappes était grandement améliorée si je l'utilisais au bon moment. C'était une impulsion supplémentaire dévastatrice qui me transformait en sniper chirurgical. Après avoir trouvé un équilibre en moi, je réussis même à me déplacer sans bouger, mais juste en me laissant déplacer par le Dash. Très très pratique pour préparer un coup de pied et se retrouver soudainement derrière son adversaire pour le neutraliser. Mes jambières m'apportaient la défense dont j'avais besoin pour parer des coups de sabre et même de pouvoir contrattaquer si je parvenais à trouver le bon timing. Mon Shikai me permettait de renforcer mes points forts tout en comblant mes faiblesses. J'avais une force de frappe pour pulvériser l'adversaire aussi sûrement qu'un coup de sabre, je pouvais esquiver facilement et renvoyer une attaque avec mes petites téléportations. De plus, je pouvais encore repousser les limites de ma vitesse maximale. J'avais beaucoup de mal à contrôler le cap mais j'explosais des records dans le Seireitei. Peu à peu, je me transformais en un combattant spécialisé dans la frappe très rapide et puissante. Je parvenais à deviner comment massacrer un adversaire selon sa défense, on me posait des questions pour savoir comment je pourrais liquider un Shinigami adverse qui possèderait tel ou tel pouvoir. On me faisait réfléchir rapidement. On m'envoyait des professeurs ou des vétérans pour que je puisse acquérir de l'expérience en tant que combattant. C'était comme ça que je m'améliorerais. Et je n'oubliais pas tous mes coups en traître et mes réflexions tordues qui me permettraient de dominer mon adversaire. Peu à peu, je commençais à devenir un monstre. Un crétin, certes... on n'échappait pas à sa nature. Mais on n'avait plus intérêt à me le faire remarquer. J'étais devenu un Shinigami. Et je n'avais que trois désirs :
_ Écraser le Shinigami qu'on me donnerait en pâture à l'examen pour en faire un paillasson que je donnerais à Yamamoto.
_ Exploser mon groupe à moi tout seul.
_ Botter le culs des Hollows jusqu'à ce qu'ils ne connaissent plus la position assise.


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Byakuya Kuchiki
A LITTLE SHINIGAMI † SHINIGAMI

Lun 19 Sep - 18:07
Nath 25 xP ( à ce rythme je vais crever ça c'est sûr ToT-)




I don't want excuses..
"I despise the way you fight. Without ever lifting your own hand.. to steal the bonds of camaraderie and torture opponents is the height of cowardice. It is a lack of shame, deserving of death. I shall kill you and cast you aside before you finish swinging your blade.." ---------------------------- ♘ .ReedNight
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Mar 28 Aoû - 20:16
Ça y est ! La grande semaine d'entraînement arrivait à très grand pas ! C'était la dernière leçon à acquérir pour pouvoir passer l'examen pour devenir Shinigami.
J'étais assis parmi les autres enfoirés... Mes camarades de classe quoi ! On était encore dans cette foutu salle d'entraînement, elle commençait à m'énerver. Ça sentait la transpiration, les tatamis étaient laid, la peinture des murs était aussi moche. Bref, j'en avais marre de cette salle, à force de rester dedans, j'en pouvais plus ... On ne pouvait pas aller faire l'entraînement sur la cour de derrière ? Eh bien non, quand le professeur dit quelque chose, fallait la fermer et faire ce qu'il disait. Enfin bref, le professeur prenait la parole.

- Bonjour tout le monde... Aujourd'hui, nous allons apprendre le Zanjutsu ! C'est l'art de combattre à l'épée ! Je pense que ça, vous le savez déjà, enfin j'espère. Alors, comment va ce déroulait l'entraînement vous allez me dire. Je vais vous expliquer : Pendant une semaine ou plus, cela dépendra de votre niveau, vous allez exécutais des gestes spécifiques avec une épée d'entraînement. Ce sont des épées comme celle que je tiens actuellement dans ma main. Nous allons donc nous entraîner sur la cour de derrière pendant cette semaine. Ensuite, nous allons passer à faire des combinaisons d'attaque, des contres-attaques et des esquives. Ces combinaisons, vous allez les exécuter en duo, vous allez changer de rôle toute les cinq minutes, bref on verra ça une fois le jour venu ! Une fois une dure journée de combo etc ... Nous allons donc passer à la découverte de vos Zanpakuto ! Si vous n'y arrivez pas ce n'est pas très grave, vous allez prendre un sabre banal, mais ... rare sont les étudiants qui deviennent Shinigami sans avoir de Zanpakuto ... Aller, maintenant si vous vous retournez, vous allez apercevoir des épées d'entraînements, prenez-en une chacun, et rejoignez-moi sur la cour de derrière !

Tout le monde se relevait et se précipitait vers ces sabres ... Il se bousculait, il y en avait pour tout le monde bon sang ! C'était quoi ces animaux, et c'est ça les futurs Shinigami ? Eh bah dis-donc, j'espère que leurs comportements allaient changer quand il seront Shinigami, enfin Shinigami ... J'espère pour eux ! Je prenais donc mon temps pour aller prendre ce satané Katana, une fois en main, je me sentais tel un Shinigami. Je faisais quelque geste dans le vide, puis je partais rejoindre les autres. Nous étions tous en ligne, trois mètres d'écart entre chacun, distance de sécurité. Nous recopions les gestes parfaits du professeur. Ces gestes ne me semblaient pas insensé comme ceux du première entraînement car, c'était la première fois que je maniais un sabre. En bois certes, mais cela reste un sabre. Toutes les deux heures, on avait le droit à une pause de vingt minutes, c'était super fatiguant ... Mais cela en valait de la peine de se donner à fond comme ça. Le soleil commençait à se faire petit lorsque l'entraînement finissait. Je reposais donc le sabre, et je commençais à partir lorsque le professeur m'interpellait. Il avait encore quelque chose à nous dire... Il voulait quoi encore le vieux ?

-J'ai oublié de vous dire ... Essayer de méditer un peu, une fois dans vos chambres, rester aux calmes, asseyez-vous, fermez les yeux, et concentrez-vous ... Essayer d'entrer dans le monde qui est celui de votre Zanpakuto. Oui vous n'avez pas de Zanpakuto, c'est bien pour ça que vous devez y entrer pour le posséder ! Plus vite vous l'avez, mieux ça sera ! Aller, sur ce je vous souhaite une bonne soirée !


Tout le monde sortait enfin. Ils discutaient tous de leurs futurs Zanpakuto. « Ouais le mien il sera trop stylé j'suis sur, et ça sera le meilleur de la classe et j'vais tous vous latter ahahah ! ». Que des phrases de ce genre, bon j'ai un peu exagéré mais ça voulait dire ça ! Personnellement, j'avais hâte de connaître mon Zanpakuto, voir comment il est sous ça forme libéré ! Bref, je passais vite fais à la cantine et je rejoignais ma chambre. J'enlevais mon haut et mes chaussures, je m'asseyais sur le sol, je fermais les yeux. Je ne pensais maintenant plus à rien, d'ailleurs je ne savais pas à quoi penser. Dix minutes plus tard, j'avais l'impression de rêver tout en étant éveillé ! Je m'étais retrouvé dans un monde totalement différent d'où je me trouvais. J'étais dans une sorte de désert, mais sans sable. C'était de la terre jaunâtre. Tout autour, je voyais de grands rochers de la même couleur. Il n'y avait personne ... Je me mettais à crier s'il y avait quelqu'un, je m'attendais à un silence évidemment ... Donc je me mettais à courir vers un rocher pour voir s'il y avait quelque chose derrière, mais finalement rien. D'un coup, une voix très grave se fit retentir. « Oui ... ». OH PUTIN !A ce moment-là, mon coeur se mettait à battre aussi vite qu'un mec qui faisait un freestyle de tam-tam ! ( Ouais on connait ça dans le Rukongai ). L'impossible est devenu possible. Il me semblait que la voix venait de derrière moi. Je tournais donc ma tête très doucement, un faisant un poil tournait mon corps avec, les yeux grands ouvert... Un ... Singe ? Non ... Un Gorille ?! C'était un singe blanc, tout blanc ! Avec des marques noires ... Qui me faisait très pensé à celle que j'ai sur le front. J'ai remarqué qu'il avait une très longue queue ! En regardant un peu plus longtemps cette queue, j'apercevais une tête de serpent au bout. Puis je finissais par me rendre compte qu'en fait... Sa queue était un serpent !

- Qu'est-ce que t'as ? T'es surpris ? Tu t'attendais pas à ça ? Si tu veux j'me casse ...


- Non non ! Non ! Du tout, t'es très bien comme ça ! D'ailleurs tes tatouages sont trop stylés !

- Normal c'est les tiens.

- Ah ? Hein ? Bref, tu ressembles pas à un animal ordinaire.

- Normal, je suis ton Zanpakuto. Bon gamin, t'es un peu trop choqué là. On se reverra un autre jour ! Aller ciao !

- Non att...

Je n'avais même pas eu le temps qu'il avait disparu, puis le monde aussi. J'ouvrais à nouveaux les yeux, et j'étais de retour dans ma chambre. Putin, et je n'avais toujours pas mon Zanpakuto ! C'était quoi son problème ? J'étais pas du tout choquer ! C'est juste qu'au début, ça fait bizarre quoi... Bon aller, c'est l'heure de se coucher !
Des semaines passaient... Presque tout le monde avait son Zanpakuto. Fait chier ! J'avais un minable sabre banale ! Je n'avais plus réussi à rentrer dans le monde où j'étais la dernière ... C'était chiant ! Pendant les combats j'me faisais laminer ! Y'en avait même un il avait déjà un Shikai... enfin bref. Aujourd'hui, c'était encore une journée de combat ! On était donc tous dans ? Dans ? La salle d'entraînement évidemment ! Des combats se déroulaient sous mes yeux, j'étais impressionné du pouvoir des Zanpakuto ... Enfin bref, cela venait à moi ! Je regardais mon adversaire et là ... Comme part hasard, c'était celui que j'avais éclaté au combat de corps à corps. Le combat débutait après le signal de l'arbitre. Je tenais la route ! C'était pas parce qu'il avait un Zanpakuto qu'il allait me massacrer, je l'ai déjà battu cette enfoiré ! Je peux le rebattre non ?! Il arrivait souvent à faire baisser ma garde, ses coups étaient puissants ... Un peu trop puissant même. Un moment il sautait dans les airs, il allait retombait presque sur moi en essayant de me couper en deux. Je positionnais mon Katana pour bloquer son attaque et là ... Mon arme se cassait en deux ! Bordel ! Surpris de sa puissance lui-même, il détournait son attention et j'ai eu le temps de faire un bon en arrière pour esquiver. De nouveaux, il chargeait sur moi ... Les yeux grands ouvert, je ne savais plus quoi faire ... Je n'avais que la moitie d'un sabre pour me défendre. Un filet de sang était en train de peindre les tatamis, c'était le mien, l'arbitre donnait le signale de s'arrêtait. Je tombais à genoux au sol...

- On ne peut pas être bon dans tous les domaines ! Hein Renji ?!

- Ce n'est pas fini ...

Je me relevais doucement ... Un souffle de reaitsu commençait à former un tourbillon tout autour de moi. Je me relevais plus facilement qu'autre fois. Je ne me sentais pas bouger pendant ce moment. En fait, j'étais dans le monde d'auparavant. Je voyais mon Zanpakuto il était là ... Il me disait un seul mot.. « Zabimaru ... » Une seconde de réflexion et j'avais compris c'était son nom ! Le Roi des Babouins ! Au moins il était roi ! J'étais à nouveaux donc le vrai monde. Une fois debout, une forme blanche formait un sabre dans ma main. Il se matérialisait petit à petit ... Une fois finis je pouvais admirer sa splendeur ! C'était une lame tout à fait normal. Une garde en or avec des signes dessus ... Similaire à mes tatouages. Et un manche rouge !

- Dis Bonjour à ... ZABIMARU !

D'un coup je chargeais mon adversaire avec un Shunpo ! J'apparaissais derrière lui, ma lame était ensanglanté. J'avais le même sourire qu'autre fois ! Je venais de trancher mon adversaire, en faisant attention à ne pas toucher à ses points vitaux. Il tombait au sol à cause de la douleur. Je faisais deux gestes dans le vide très vite puis je le rangeais dans son fourneaux de couleur rouge foncés. Et je retournais m'assois comme si rien n'étais. Une nouvelle fois, mon adversaire partait tout droit pour l'infirmerie. Ça y est ... J'étais apte à devenir Shinigami ! Hein ... Zabimaru ?


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