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Hannibal || Avec le canon d'un flingue entre les dents, c'est sûr qu'il est plus difficile de gueuler.

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MON PROFIL
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• MESSAGES : 85
• INSCRIPTION : 11/01/2013
• AGE : 23

• LOCALISATION : Quelque part chez les vivants, à voler sa tétine à un bébé.
• LOISIRS : ...Voyager sur le dos d'un ours pétant des arc-en-ciel.
• HUMEUR : A te dessiner un hippopotame sur la tronche pendant que tu pionces.

MON PASSEPORT
http://bleach-lt.forumactif.com/t1349-fiche-technique-de-l-hippo

Passeport
Rang: Segunda Espada
Points d'experience:
40/410  (40/410)
Niveau: 25
Hannibal J. Stinson
BOUH! I'M A HOLLOW † HOLLOW

Ven 11 Jan - 23:09
Hannibal Jeanne Stinson


© cellar-fcp




Votre âge : Vingt-huit ans d'apparence, sept cent quarante-deux ans, en réalité.
Votre sexe : Femelle.
Votre Race : Hollow.
Votre Rang : Espada

Numéro : Segunda Espada.
(Si Arrancar)

Mon Physique






« Mon plus grand rêve ?…Être un hippopotame. »

Un hippopotame. De grandes dents. De grandes pattes. De bonnes joues joufflues. Une peau tachée et dure. Une force herculéenne. Un danger pour tous. Une folie. Un cas. Un regard. Un rire. La joie. La tristesse. Un rugissement. Des os qui s’écrasent. De la peau qui se déchire. Des mugissements. Des soupirs. L’extase. La douleur. Le sang. Le carmin. Les vêtements troués. La noyade. Le manque d’air. La mort. Le silence. La saveur. Le sucré. L’immortalité. La descente. L’histoire. Le grotesque. Le sadisme. Le calme. Le repos. Et finalement, nager encore et toujours par de là les eaux.

« Oui. J’aimerai devenir un hippopotame. »

Jeune femme insensée que celle assise dans la ruelle. Aussi insensée physiquement que mentalement. On dit qu’il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant d’émettre une hypothèse ; l’hippopotame la tourne seize fois avant de goûter un met. La voilà qui étire un sourire ironique à cette idée, ses yeux étincelants de malice. Mais à force de tourner sa langue seize fois dans sa bouche, ne risque-t-on pas de s’étouffer ? C’est peut-être la différence qu’il y a entre cet animal et un humain. Nous mourrons, ils vivent. C’est cruel. D’ailleurs, on s’éloigne du sujet. Oh ? Et quel était-il ? Ton aspect corporelle. Ah…Quel ennui. Tu me réveilleras quand tu auras fini.

« Pour l’hippopotame, qu’importe la beauté ou la laideur, il bouffe ce qu’il trouve, point. C’est injuste, mais au moins c’est bon. »

Elle rit à cette idée, ce rire un peu faux, un peu grossier claque dans l’air, il attire le regard de ces passants, de ceux qui peuvent la remarquer. Ça les dérange, ça les dérange cette façon d’agir, toujours décontractée, à la limite de l’offense. Pourquoi penses-tu à l’hippopotame ? Pourquoi ne veux-tu pas devenir un de ces paons de la basse-cours ? Ou bien un grand et beau tigre aux griffes acérées ? Je ne sais pas, quelque chose qui te ressemble, quelque chose de gracieux, de féminin, d'hollow. Mais certainement pas un hippopotame.

« Et pourquoi pas ? Un hippopotame, c’est grotesque, et je préfère choisir ce que d’autres ne choisissent pas. »

Tu sais quoi Jeanne ? Tu es une véritable emmerdeuse. Ça se lit sur ton front ; attention, atteinte du virus de la bêtise, à ne pas côtoyer. Tu étires un immense sourire amusé ; ce que je dis te faire rire. Enfin, ce que tu penses. Je crois que l’on perd un peu notre lecteur ma chère, serait-ce voulu ? Certainement. Tu n’es pas schizophrène, tu aimes juste faire des choses que d’autres n’ont jamais faits. Pourquoi placerais-je quelques monceaux de ta personnalité dans un physique à peine entamé ? Cela frustrerait-il ? Ô, je crois que c’est voulu…Si mes balivernes ne vous plaisent pas, allez voir ailleurs, je n’ai pas demandé à ce qu’on me lise, ni même à décrire cette femme aux allures…d’hippopotame ?

« Un hippopotame…C’est cool. »

Quand tu souris, et même quand tu t’ennuies, tes lèvres un peu gercées semblent peintes d’un rouge rieur. Un léger carmin. Naturel. Usé. Un peu sucré. Il colore le coin de ta bouche, il chatouille le haut de tes joues. Un petit rouge qui n’a rien à faire là. Un petit rouge sans dessus dessous. Dénudé. Un peu comme toi. Un hippopotame rouge. Une nuance carmin, aux connotations beiges. Simple rouge. Simple fantôme. Un petit farceur se cachant dans tes iris, exquises iris. Jeanne, ma chère Jeanne, pourquoi ne te pares-tu pas d'uniformes et d’autres bijoux, comme tant d’autres de ces arrancars suintant de richesses et d’ignorance ? Pourquoi ne souris-tu pas avec suffisance ?

« On n’est pas dans mes horaires de travail. Soyons plutôt hippopotame, la vie à l’hippopotame… »

Tu murmures ça en fermant les yeux, t’accoudant sur tes genoux rocailleux, tes jambes brunes. Oh…Une morte de ton rang à la peau hâlée. Passerais-tu plus de temps sous le soleil du bas peuple, dans la boue et la saleté, qu’avec tes frères riant avec pitié ? Tes paupières s’ouvrent. Un frisson parcourt mon échine. Ah, je crois que je t’ai offensé. Ton air impassible, ta façon de ne rien dire, de ne rien faire, tandis que je sens tes mains effleurant mes joues, agacées par mes paroles, par mon âme, par mon ignorance. Tes lèvres fines qui frôlent mon oreille, un petit soupir de ta part, une façon si sinueuse de m’offrir tes mots : Tais-toi, tu m’ennuies. Silencieuse, douceur saurienne. Sulfureuse, délicatesse reptilienne. Tu n’as rien déclaré, mais j’ai entendu ta pensée. La pensée d’un hippopotame.

« Je ne traîne ni avec le haut, ni avec le bas. La société, je m’en fous. Je reste avec moi-même, n’est-ce pas suffisant ? »

La suffisance. Un mot que tu n’aimes pas employer. Rien ne te suffit. Non, rien ne suffit à cette tête blonde, oui blonde. Un blond un peu vieux jeu d’ailleurs. Surtout les jours de pluie ; on pourrait te croire brune. Des cheveux blonds comme les blés…je dirais plutôt ternis comme la suie. Hannibal soupire. Elle n’aime pas les compliments, elle trouve cela ennuyant. Elle préfère les critiques. Ses joues légèrement creuses se gonflent, synonyme d’un nouvel agacement ; elle s’agace vite, la Jeanne, et son regard jette des éclairs, petits éclairs qui picorent notre peau, qui font un peu mal, sans pour autant torturer. J’aime bien ton regard, Jeanne. Parce qu’il n’est pas doux comme toutes ces femmes de la haute société, qui vivent encore et toujours dans le monde des vivants. Non, ni doux, ni charmant. Ni exquis, ni mourant. Juste…Simplet ? Tu roules des yeux, le bleu se transforme en un vert un peu marécageux. Ils étincellent dans leur noirceur.

« J’ai des yeux à l’hippopotame ; je ne m’occupe que de mon regard, et pas de ceux des autres. »

Tu ris de nouveau, un rire un peu plus scintillant. Une clochette…Cette comparaison ne te va pas, comme le maquillage te rend plus mensongère encore. Non, tu préfères la simplicité, la simplicité physique, je veux dire. Car celle mentale, tu l’exècres. Tu cherches toujours la complexité. Monter les escaliers avec grâce et volupté ? Balivernes. Allons-y à l’envers et à cloche pied, et si tu tombes, tant pis pour le sang, les tâches, ça se nettoie, et ta longue vie est remplie de tâches nettoyées. C’est peut-être ce qui te rend plus terne que les autres jeunes femmes ; ton absence de scintillement. On aura beau te parer de rubis et d’or, la lumière ne semble pas au rendez-vous, tu restes toujours la jeune femme que l’on remarque non pas pour une quelconque beauté ou bien un autre sourire charmeur, mais bien pour ton étrangeté. Tu es étrange, Hannibal, si étrange…Tu tournes le visage vers les pavés, et tu observes ce que d’autres n’observent pas ; le caniveau. Il est sale, ce trou béant, tu mordilles ta lèvre, absorbée dans tes pensées, tant absorbée qu’on dirait que le murmure chuchoté n’est qu’un incident de ta part.

« Dis-moi, tu préfères l’hippopotame ou bien le paon aux milles parures ? »

Je répondrais le paon. Oui, Jeanne, je répondrais le paon. Je t’imagine dans des robes incroyables, pleines d’argents et de contours en diamants. Je te dessine avec des petits mocassins d’un joli rouge, ou bien vert. Le vert t’irait bien, il s’accorde à tes yeux, à ton petit nez rond. Finalement, je gomme la robe, et je dessine un corset, un corset à lacets, des lacets que je dénoue lentement…Petit à petit…Pour observer une Jeanne soupirante, dans un somptueux lit. Une Jeanne aux joues rouges, une Jeanne aux yeux étincelants. Mais Hannibal n’est pas un de ces paons là, Jeanne est un hippopotame, alors, je préfère te mentir, et je te répondrais plutôt l’hippopotame.

« C’est nul. J’aurai aimé être la seule à aimer les hippopotames. »

Quelle est cette manie de ne jamais vouloir faire comme les autres ? Tu es agaçante Jeanne, à détourner ainsi le regard pour ne pas fixer ton interlocuteur, comme s’il était d’un ennui mortel. Est-ce un jeu ? Un petit jeu de monstre ? Hannibal, ce que j’ai décris plus haut n’est qu’un rêve. Jamais tu ne soupireras d’envie, jamais tu ne faibliras sous des paumes, jamais tu ne trembleras de peur, jamais tu…Finalement, Jeanne, il y a tant de jamais, et si peu de toujours. Quel est ton toujours ? Mon regard plonge dans le tien, il me prend aux tripes. Ce n’est pas un regard humain, ça, ni même hollow. Il est plutôt monstrueux, je crois que c’est ce qui te caractérise tant ; tes yeux. Je fais une fixette dessus, je fixe cette fixette et cette fixette me fixe. Un vert luisant. Un vert suintant. Un vert un peu bleu. Un vert devenant bleu. Un marécage plongeant dans l’océan. Profond. Noir. Étouffant. Des pupilles qui se rétractent, des pupilles qui ne tremblent jamais. Des iris impassibles et dures. Un serpent.

« Je n’ai pas dis serpent. J’ai dis hippopotame. Est-ce dur à comprendre ? »

A nouveau un sourire caustique. Tes frêles épaules remontent un peu, ton cou se décale, une pose un peu plus courtoise, plus féminine. Ton dos se cambre, une cambrure plus noble, mais ça je ne te le dirais pas, après tout, je ne veux pas que tu me boudes. Bouder…Une expression fort immature, surtout pour ton âge. Comment peut-on bouder à sept cent...Je veux dire, à vingt-cinq ans ? Peut-être est-ce un mensonge, un autre, encore un, un petit dernier pour la route. Ton regard est effrayant, Jeanne, aussi effrayant que celui marquant ton dos.

« Quelle transition, très cher, à m’en couper le souffle ! »

Ton dos, un dos sinueux, des hanches qui se déhanchent sans problème lorsque tu marches. Longues jambes. Peau d’albâtre. Longues jambes dénudées. Impudique. Tes cheveux qui frôlent tes formes. Tu es une femme, tu ressembles à une femme, comme toute autre femme. Une femme est une femme. Je ne m’attarderai pas là-dessus, car tu n’as rien à envier à certaines, comme ces certaines n’ont rien à te jalouser. Mais, ce qui fait ton unicité, ce n’est peut-être pas ton physique, plutôt ton mental. Deux grands yeux accrochés à tes omoplates. Oh, nous parlons bien du tatouage. Quelle bêtise tu as faite là, car à ma connaissance, il ne signifie rien. Il fait cependant toute ton unicité. Petit bout de crâne qui ricane sur ta peau, sur ta colonne. Petit bout de crâne aux yeux grands ouverts et aux mâchoires ricanantes. Un crâne qui ricane. Il n’est même pas spécialement beau. Je sais juste qu’il cache quelque chose, une petite brûlure, toute discrète…Jeanne, pourquoi t’en vas-tu ? Jeanne, je n’ai pas fini de te décrire. Et tes longues mains, et tes petits pieds ? Et tes seins un peu disproportionnés ? Et ton vieux châle, et tes atours ? Et tes pourtours ? Et le trou d'Hollow à ton médiastin ? Et ce numéro 2 tatoué sur ta nuque, caché par tes cheveux ? Et le sinueux bout de masque sur ta tempe, écailleux et fourbe, noir et sans saveur, au coin de ton œil droit ? Je n’ai pas fini Hannibal. Car sans les beaux uniformes, sans les couronnes et autres breloques insensées, qu’est-ce qui te caractérise en tant que femme, en tant que Vasto Lorde arrancarisée ? Rien. Rien…Tu es un reptile. Et non un hippopotame. Alors, Hannibal, grande femme aux muscles saillants et au sourire aiguisé, à la dangerosité provocante et à la provoque de tout danger, à la fuite sous l’éternité et à la belle liberté, dis-moi...Pourquoi l’hippopotame ?

« …Et pourquoi pas ? »


Mon Mental





« J’aime. Je n’aime pas. J’aime. Tu aimes ? Alors je n’aime pas. »

Raisonnement irrévérencieux. Raisonnement qui ne va pas à une telle femme. Raisonnement inutile. Raisonnement sans queue ni tête. Certains passent du coq à l’âne. Toi, tu diras que tu passes du mulet à la poule. D’autres murmureront tes défauts dans ton dos. Tu te retourneras, et d’une simplicité aussi effrayante que si tu avais haussé le ton, tu leur susurreras le contraire : Je ne suis pas ce que vous dites, alors, taisez-vous. Oui, taisez-vous si vous ne connaissez pas. Clore vos lèvres ne devrait pas être difficile, en ce monde, il vaut mieux laisser le silence se faire roi pour ne pas se prendre une balle entre les deux yeux. C’est ta logique, depuis l’enfance. La logique d’une petite enfant, une enfant avec le canon d'un flingue pointé entre les dents.

« Vingt-et-une fois. J’aurais dû crever vingt-et-une fois, dans mon ancienne vie, c'est tout ce dont je me rappelle. Conclusion ? Le père est un tireur à chier. »

Encore un raisonnement qui ne colle pas, mais tu te gardes de le murmurer devant les autres hollows. Tu penses à ta survie. Tu penses à toi. A toi seule. Si pour garder quelques minutes d’existence tu dois faire tomber un étranger du haut d’un précipice, oh, tu le feras, sans hésitation. Hésiter, ton opposé. L’hésitation n’est pas ton compagnon, tu es certaine de toi, tes gestes restent implacables, avec une raison, un but, un objectif, sans pitié ni remord. Non, les remords, on les enterre : ils tirent vers le bas, et toi ? Tu dois escalader, tu dois nager, et non te noyer. Ta mère a eu le malheur de porter un poids, son sort ? Un mystère de plus voilé par ton sourire.

« Tu as l’intention de m’étudier longtemps ? Attention, moi, je sais tirer. »

A nouveau ce petit sourire caustique, saupoudré d’une pointe d’hypocrisie, d’un regard étincelant, mais qui ne laissera pas passer la moindre provocation. Tu as le droit de provoquer, ton rang d'emmerdeuse, de reptile te l’accorde, c’est même ton devoir ; provoquer. Ton seul amusement. On s’incline, on bafouille, on s’excuse. Tu es un danger méconnu, évidemment que l’on va te croire ; tes iris angoissent le monde, et le monde ne préfère pas connaître l'au-delà de ce regard, après tout, on le croirait inhumain. Mais ça, ce sont les murmures. Gardons les murmures en tant que masque. Oui, en tant que masque. Dans la réalité, seul à seule, juste entre toi et moi…Approuverais-tu ma réponse, si jamais je te renvoyais une de ces piques dont tu as le secret ? Une petite anecdote, un coup de fouet, un intérêt apporté sur ta personne, une claque, un baiser, un frôlement. Dis-moi, aurais-je le droit, ou bien mourrais-je ? Léger ricanement, gloussement provocateur, ta tête se penche sur le côté et tes yeux se plissent ; vil serpent.

« Essaie, on verra bien. La vie est faite pour les tentatives. »

Jeanne, incroyable Jeanne, incrédule Jeanne…Où sont tes tentatives ? Où sont tes petits essais ratés ? Les nettoies-tu à la va-vite pour survivre, pour continuer de voiler ton âme et ton imagination ? Tu n’es pas ce que tu prétends, n’est-ce pas Hannibal ? Tu es certes implacable, tu es certes joueuse, tu es certes quelque peu cruelle, mais ce que tu n’es pas Hannibal, ce que tu tentes avec effroi et précipitation mêlés d’éviter, c’est la mégalomanie. La mégalomanie d’un dragon. Tu l’as vu, crachant ses flammes, tu l’as vu, ignorant même la raison. Tu ne veux pas en être victime, certainement pas. C’est comme une atteinte à ta liberté, une chaîne lacérant ton cou, oh oui…Une épée effleurant sensuellement tes seins, prête à lentement transpercer ton cœur. Ta raison ; ta principale arme. Une raison fougueuse et sauvageonne, une raison connue de personne. Pourquoi, Jeanne, pourquoi t’apeurer de ton propre sang ? La solitude est ta condamnation, pour taire une violence devenue malédiction.

« Amusante, comme hypothèse. Mais revenons-en à l’hippopotame. »

Éviter les sujets qui te fâche, éviter ce qui pourrait te piéger. Tu n’aimes pas les barreaux, les prisons, le noir, l’isolement, les colliers. Ça t’étouffe, ça t’empoisonne, ça te détruit petit à petit, ça t’inquiète. Alors, il faut bondir, ramper, étirer un sourire hypocrite, et même en dernier recours ; lancer un regard meurtrier. Jamais. Toujours. Ne jamais se laisser piéger. Toujours courir et se cacher. Voilà pourquoi le matin, tu aimes le noir, et le soir tu préfères le blanc ; tu ne veux pas que l’on devine tes pensées, ce serait risquer ta vie, et tu y tiens trop, malgré son ennui. A nouveau un soupir de ta part, toujours aussi facilement agacée. Mais Jeanne, cet agacement…Est-il réel ou bien factice ? Oui, la question est là…Es-tu une vérité à toi seule ou bien un masque égoïste pour éviter de te faire tuer ?

« Vérité, mensonge. Et bien moi, je dis que tu m’emmerdes. »

Crue, platonique, légère, sifflante. Ta voix prend aux tripes. Penses-tu ce que tu dis ? Dis-tu ce que tu penses ? Tu n’aimes pas les muselières, c’est peut-être la raison qui te pousse à trouver une échappatoire, oui, une échappatoire. Éviter la mégalomanie. Éviter le cauchemar, avant qu’il ne soit trop tard…L’ennui, Hannibal, c’est que tu es déjà perdue. Tu le sais, lorsque tes iris observent tes mains ; tu vois à travers. Tu ne t’appartiens plus, ça te rend folle, ça t’empêche même de ressentir une quelconque émotion telle que la joie, ou la colère. Mais tu dis t’amuser, tu te dis libre, tu te dis prête à tout pour arriver à tes fins, mais ma tendre Jeanne, ma succube Jeanne…Quelles sont tes intentions, en ce monde de solitude et de peine ?

« Un secret. Caché dans la gueule d’un hippopotame. »

Ton sourire s’étire, tes yeux se voilent ; on dirait que tu redeviens une enfant. Mais l’enfant a aussi son venin, et ce que tu souhaites, tu aimerais tant en parler, parler au monde, parler à autrui, parler sans redouter les crocs d'une bête éternelle. Un mot de travers peut t’envoyer dans les abîmes, alors, garde pour toi tes rêves et tes chimères, oui garde-les pour toi…Une certaine mélancolie. Un infime scintillement dans ces pupilles. Hannibal, pourquoi tu ne te ressembles pas ? Pourquoi hier ne correspond pas à demain ? Pourquoi peux-tu haïr et aimer une personne en un même moment ? Quel est ton secret ? Comment fonctionnes-tu ? Ta personnalité est trop complexe. Tu es trop complexe, Jeanne. Te caches-tu finalement ? Ce que je raconte n’est-il que mensonge et fausseté assemblés ? Jeanne, dis-moi, par pitié, réponds-moi.

« Un hippopotame, ça ne parle pas. »

…Aurais-je compris ? Ton menton qui tremble, simple manie ; je me rapproche. Tout est-il lié à l’hippopotame ? Faut-il te poser cette question ? La question saugrenue, la question d’un hippopotame. Tout se rapporte à cet animal, absolument tout. Malheureusement Hannibal, je ne vois pas le monde à ta manière ; tout de gris vêtu. Cependant, je pense que je connais ton rêve caché, un rêve caché dans ton imagination. Le raconterais-je aux yeux qui nous lisent, ou bien attendrais-je que tu dénies offrir un certain intérêt à ton entourage ?

« Tais-toi, tu m’ennuies. »

Dire ce que tu penses…Dire ce que tu penses…Peut-être tiendrais-je un indice entre mes paumes ? Jeanne, tu n’aimes pas que l’on te fouille, ta cervelle t’appartient, c’est tout ce qu’il te reste. Ton doigt qui se pose sur mes lèvres, ton petit sourire ironique ; chut, c’est un secret entre nous. Partages-tu souvent des secrets, Jeanne ? Autant que tu courbes l’échine, c’est-à-dire peu. Oui. Oui, qu’importe le rang de ton interlocuteur, on aura beau te frapper, tu ne crieras pas. On aura beau t’insulter, tu ne pleureras pas. Jusqu’à ce que l’on voit tes os à force de t’écorcher, ton regard restera glacial et froid ; un saurien dont les crocs ne cessent de le démanger. Mais chut oui, c’est un secret…Un secret aussi immense que ton imagination, imagination débordante depuis plus de sept cent ans.

« Mon intérêt ; un simple murmure. La souffrance. »

Tu as vécu dans des draps en soie, tu t’es lavée dans des diamants, tu as vu le feu d’un reptile fou, tu as aperçu ton futur dans ses iris tremblantes. Non, tu ne deviendras pas comme lui, tu en as peur, tu ne le souhaites pas, mais ça commence Hannibal, le processus commence et bientôt, tu deviendras aussi inutile que les vivants exécrés, si ce n’est déjà fait. T’enfuir, voilà ton désir le plus cher. T’enfuir. Disparaître. T’ôter la vie si nécessaire, mais c’est une valeur trop grande, alors, tu préfères subir, en silence. Le silence est roi. Le silence est céleste. Alors, ma chère, ton intérêt, ta passion ; la souffrance. Tu veux sentir ton cœur se blesser, tu veux goûter tes blessures béantes, tu veux tant et plus te battre pour une cause, une cause autre que ta survie et ta solitude, autre que le simple plaisir du jeu. Te battre pour des amis, pour un amant, pour une idée, pour une justice, pour un roi. Jeanne…La grande Jeanne est déjà mégalomane, trop tard. Tu as perdu, Hannibal, Espada sans sens, Segunda qui n'a aucun intérêt pour ce qui l'entoure. Vasto Lorde curieuse de ce qu'elle ne connaît pas. Prédateur démentiel. Indépendante sournoise. Son regard frôle l’horizon, une horizon un peu rouge.

« Le soleil va bientôt se lever. Tu aimes le soleil ? Dans ce cas, je le hais. »

Faire ce que les autres n’ont jamais faits. Devenir quelqu’un d’unique. Un frôlement dans une dérision. Une idiote dans un corps de sainte. Oui, tu es une sainte, Sainte-Hannibal. Petite déchue noyée dans sa propre absence de souffrance. Tu t’accoudes au balcon, tu inspires, tu soupires, tu ris. Rire d’agonie. Jeanne, quel est ton rêve le plus doux, ton imagination la plus téméraire, ta solitude la plus grandiose ?

« A ce qu'il paraît, je souhaiterai vivre ce que les autres vivent. A ce qu'il paraît, j’aimerai devenir ce que les autres n’ont su devenir. A ce qu'il paraît, j'aimerai sauter de ce balcon et courir, oui, courir à n'en plus finir pour trouver une voix, l'éternel intérêt, la chose qui me permet de vivre et de me battre depuis tant d'années, et finalement frôler la mort, sentir la douleur, me noyer dans une monstrueuse gueule. Mais tout cela n'est qu’à ce qu'il paraît, et je ne pourrais jamais découvrir un tel univers. Et pourtant...Dieu sait que j’en ai envie ; l’envie d’ouvrir la porte et de partir vers la souffrance, car sais-tu ce que je suis ? »

Non.

« Un dragon qui envie le sol. »


Mon Histoire



Le trou béant dans le ciel venait de s'ouvrir, au-dessus de cette île située en plein dans l'Océan Atlantique, petit ilot sans scrupules. Les exequias s’éparpillaient sur ce territoire si dangereux à obtenir. L'étrange reiatsu ne nous permettait pas de chercher autre part cette personne, et les rochers aux dents acérées encerclaient l'ilot, prêts à suavement le goûter, le briser, donnant un aspect peu enviable à cet endroit déjà bien noir. Oui, le ciel était noir, et j'aurais pu sentir mes chaussures blanches s’enfoncer dans cette immonde boue, sous une pluie diluvienne. Las Noches m’avait envoyé, escorté par quelques exequias, et je m’angoissais de venir ici, dans cet abandon total. Rien, non, rien ne respirait la vie humaine en ces lieux, les maisons étaient vides, le silence n’était brisée que par le zéphyr ; aucun humain, aucun shinigami, aucun hollow ne semblaient résider ici, et pourtant...Oui, et pourtant ce reiatsu s'extirpait de cette petite île abandonnée. Enfin, mes yeux se portèrent sur un étranger, un arrancar au costume noir soigné, tenant un parapluie noir. Sa présence me surprit, cette île devait être inhabitée, l'aura venait-elle de cet homme ?…Je me suis approché de cet inconnu qui, sans un regard, se retourna et continua à marcher, me lançant comme une invitation à le suivre. On m’attendait, on m’attendait dans cet endroit sans âme, dans cet univers angoissant. Plus je marchais vers la grande maisonnée surplombant la petite île, et plus je remarquais des idéaux inexistants…Je voyais des choses du coin de l’œil, qui disparaissaient lorsque je tournais mon regard vers ces dernières, comme s’il s’agissait d’illusions, de…fantômes du passé. A chaque pas me rapprochant de la bâtisse, je sentais mon instinct me murmurer de fuir, de fuir l’inconnu.

L’arrancar ouvrit la porte en fer du château, me laissant entrer. La salle avait l’air détruite, comme si un ouragan s’était fait le plaisir de rendre tout objet brisé. Je n’eus pas le temps d’observer l’entrée, je suivis tel un chien l'étranger qui, curieusement, ne fermât pas son parapluie bien qu’il fut à l’intérieur. D'ailleurs, pourquoi un parapluie ? Je ne préférais pas le quitter d’une semelle, j’étais seul, j’avais décidé de mon propre chef de le suivre sans protection, mais avais-je fait le bon choix ? Il était certain que cet arrancar était plus fort que moi. Pourquoi tant d’étrangeté ? Pourquoi cette irrépressible envie de savoir ? De faire disparaître la brume recouvrant une île détruite ? Les escaliers montaient, ils ne s'arrêtaient pas, dans une infinité palpable, sans laisser la moindre possibilité de tourner dans d’autres salles, il n’y avait que le bas, et le haut. Je levais la tête vers le plafond, ne détachant pas mes yeux de l’inconnu, ne souhaitant au grand jamais regarder derrière moi, de peur de remarquer des choses insensées. Les vitres étaient brisées, les glaces ne pouvaient plus rien refléter, comme si quelqu’un les avait détruites...L’angoisse me prenait à la gorge.

Un murmure me sortit de mes pensées, nous étions arrivés devant une porte, et l’envoyé murmura que c'était ici. Je déglutis, attendant que la porte rouillée soit complètement ouverte pour m’engouffrer dans la pièce. Une salle. Une salle immense. Mais qui ne contenait ni lustres chatoyants, ni riches meubles. Non. L’estrade au fond était vide, le vieux fauteuil au centre troué et occupé, les rideaux déchirés et la baie vitrée ouverte, une flaque d’eau à l’entrée et une table usée dans un coin. Toutes les peintures ne semblaient que lambeaux, témoins d’une violence peu enviable. Il ne restait rien de noble, dans ce château, rien d’honnête ou de véritable. C’était vieux. Pourri. Ça commençait à noyer mes poumons, ça commençait à me prendre aux tripes, à me retenir pour m’embourber dans la même substance illicite qui semblait suinter des murs. L’endroit transpirait de mauvais souvenirs, il semblait pleurer des larmes de rancœur et de remord…

Je repris ma respiration, immobile. J’ai posé mon attention sur l’homme qui s’était approché de l‘inconnue, une cascade de gouttes, preuves incontestables que le toit était à réparer, tombaient sans pitié sur le crâne de la femme occupant le fauteuil. Une femme aux mains jointes, penchée vers l’avant, silencieuse, peut-être endormie. Peut-être morte tant elle ne donnait pas signe de vie. L'arrancar pouvait être défini désormais ; c’était son fraccion, et elle ? Celle que j'étais venu chercher. Il tenait le parapluie au-dessus de l'espada trempée. Pourquoi se placer au-dessous d’une cascade, pourquoi, tandis que nous ne ressentons rien ? Elle devait être glacée, oui, elle devait l’être depuis un moment. Je n’osais pas dire un mot, mes lèvres tentèrent, mais rien ne sortit. Quelques minutes insupportables, rythmées par l‘averse environnante. Oh, aujourd’hui, je les aurai préféré à la compagnie de cette emmerdeuse de première qui adorait les hippopotames pour une raison qui me reste encore et toujours inconnue. Putain de folle à lier. Putain de torturée !

Je pris mon courage à deux mains, histoire de donner la raison de ma visite en ces lieux, supposés désertiques. Ma voix fut vite couper par celle de l’inconnue, venant brusquement d’ouvrir les yeux afin de les plonger dans les miens, parlant d’une voix plate, oh…Saupoudrée d’une courtoisie feinte et bien trop ironique à mon goût. Désinvolture. Malencontreuse Désinvolture.

« Bienvenue sur mon île. »

Se présentait-elle réellement comme la maîtresse des lieux ? J’ai serré les poings derrière mon dos, afin de ne pas la corriger. Il s'agissait du monde des vivants, les damnés n'avaient pas à vivre ici, il ne s'agissait que d'une espada qui devait servir le roi. Et au lieu de cela, elle se proclamait maîtresse d'un territoire désert ? Au lieu de rester dans le hueco mundo, elle s'amusait dans ce monde, risquant de se faire découvrir par des shinigamis ? Espèce de tarée. Pourquoi cette insubordination de la part de cette arrancar ? Ses yeux implacables me jaugeaient, et j’ai donc laissé libre cours à mes pensées, la questionnant d’une voix se voulant aussi stoïque que la sienne. Mais elle ne contenait pas cette once d’ennui envers les personnes environnantes, ou bien ce zeste de désinvolture à l’égard de l’autorité…

« Las Noches m'a envoyé, pour vous dire de revenir dans le Hueco Mundo. »
« Hmm…Vous m’êtes agaçant. »
« Je vous demande pardon ? »
« Eh bien, vous m’avez bien entendu. Vous ne vous êtes pas présenté, vous posez le pied sur cette île et vous vous croyiez chez vous, sans m’être poli. Donc, je vous trouve agaçant. »
« …Excusez-moi, je… »

J’ai balbutié quelques mots avant de perdre ma voix, le cœur faisant un bond quand les iris de mon interlocutrice se plissèrent, suspicieuses, comme si elles essayaient de lire en moi, à travers ma peau et mes os. Une sensation détestable…Son regard, ses pupilles impassibles, cette manière d’avancer légèrement la tête vers l’avant, sinueuse et silencieuse. Immobile et malgré tout mouvante. En quête d’une faiblesse, certainement. On dirait un prédateur. J’ai continué, ne souhaitant guère mentir, n’en voyant pas la nécessité.

« …Je me nomme Luccini Zeri. Je fais parti des privaron espadas. Présentez-vous au Hueco Mundo, c'est un ordre, et je me dois de vous escorter, même si je n'en ai guère l'envie. »
« Je ne vous ai pas demandé de me donner votre avis...P-r-i-v-a-r-o-n. Vous êtes ennuyeux. »
« Et vous, vous ne vous êtes pas présentée. »

Silence. Infâme silence. Le fraccion toussa face, à ce qu’il paraissait pour lui, à un affront, et la femme après quelques minutes, finit par étirer un sourire cynique et désabusé, se décontractant légèrement sur son siège, toujours trempée. Elle s’accouda à l’un des bras, sa joue épousant sa main, son sourire emplit de sentiments si contradictoires qu’il était difficile de le détailler. Je n'avais pas l'intention de la laisser assujettir mon orgueil. Oui, j'étais un privaron, qu'y avait-il de mal à cela ? Moi-même, au début, en rentrant dans les rangs, j'avais honte, oui, honte de ces trois chiffres. Tout ça à cause d'elle, oui, de celle que j'étais venue chercher. Elle ne semblait pas me reconnaître, mais je n'oublierai pas, moi, son visage. Je ne l'oublierai jamais. Patience, pourtant, Luccini, ne laisse pas ton identité se faire connaître, joue le jeu, et oublie cette honte.

« Hannibal J. Stinson. Je suis la maîtresse de cette île, ou de ce qu’il en reste. »
« Pourquoi ne partez-vous pas d'ici ? Vous devriez être au Hueco Mundo. »
« Parce qu’il s’agit de mon territoire. »
« Non, il s'agit du monde des vivants. Si vous restez plus longtemps ici, vous risquez d'attirer l'attention de shinigamis. Suivez-moi maintenant. »
« Non. »
« Pouvez-vous me dire pourquoi vous ne voulez pas revenir au Hueco Mundo, pourquoi vous restez ici ? »
« Je pourrais. Mais le ferais-je ? »

Jeanne pencha la tête de côté, observant finalement le ciel à travers la fenêtre ouverte, comme partie, se désintéressant complètement de la conversation, mais y portait-elle curiosité ? A quoi réfléchissait-elle ? Pourquoi se montrait-elle si impolie et hautaine envers un autre arrancar ? Elle ne me plaisait pas, et en même temps, elle attisait ma curiosité, malgré ce qu'elle m'avait fait.

« Et si on jouait aux devinettes ? »

Je fus étonné par cette question, une question qui n‘avait rien à faire ici.

« Je ne suis pas ici pour jouer, madame Stinson. Mais pour vous ramener en sécurité au Hueco Mundo. Vous ne pouvez pas être un électron libre, maintenant, il vous faut me suivre. »
« Quelles nobles intentions. »
« Mais elles ne suffiront pas pour vous faire bouger ou parler. »
« Monsieur Luccini, vous êtes ici chez moi. Sur ma terre. Dans ma maison. Vous serez donc soumis à mes règles. La première est de ne pas tenter de lire ma cervelle sans mon autorisation. »

Son regard se fit plus venimeux, j’ai reculé d’un pas. Venimeux. Oui. Implacable. Boueux. Cachant des choses bien noires, des pensées bien sombres. Cette espada et son aura me provoquèrent une série de frissons désagréables. Mon instinct me murmurait qu’elle avait quelque chose à voir avec l'île, et mon instinct ne me trompait jamais. Pour le moment, il valait mieux ne pas jouer l’effronté et calmer mon orgueil.

« Bien, madame. »
« Taisez-vous. »
« Par…? »
« J’ai dit : taisez-vous. Vous voulez que je vous raconte pourquoi je reste ici, eh bien taisez-vous, et asseyez-vous. »
« Puis-je dire quelque chose avant que vous ne commenciez ? »
« Si c’est une chose sans intérêt, non. »
« Pourquoi cette île, pourquoi pas une ville ? Cet endroit est peu accueillant. »
« Je viens de retrouver le lieu de ma naissance, en tant qu'humaine, et il m'appartient, donc j'y reste. »
« Qu'étiez-vous, avant de devenir la segunda espada ? »
« Vous m’ennuyez, taisez-vous. Vos élucubrations n’attireraient pas même l’attention d’un hippopotame. »
« Un hippo…Quoi ?! »
« Pour éviter de vous épuiser à dire des choses inutiles, autant vous couper pour répondre à votre question. L’hippopotame a à faire dans cette discussion. Il est une clé de l’énigme. »

Silence. Encore ce silence précédant cette ineptie. Je fus étonné par ses dires, et j’ai serré les poings pour ne pas montrer quelques aspects de ma surprise, face à ces deux iris marécageuses, attrapant la moindre information que j’aurais le malheur de laisser échapper sur mon visage. Je finis par répondre, assez méprisant. Elle se fichait de moi, c’était la première impression qu’elle donnait. On aurait dit une corvée, un travail, un simple ennui, oui, je n’étais pas intéressant pour elle, et ça me révulsait, tout autant que ses yeux ne laissant rien passer de réellement joyeux ou heureux. Un concentré de pensées contradictoires et maladives, une chieuse à l’était pur.

« Êtes-vous au courant que vous pourriez vous faire passer pour une traître ? »
« Me prenez-vous pour une idiote ? Tout a un sens. Tout a un chemin. Laissez-moi vous murmurer ces mots doux, et je vous promets que vous aurez la description précise du sang qui a coulé, dans les moindres…détails, du pourquoi et du comment de ma venue en ces lieux... »
« … »
« Je suis arrivée au Hueco Mundo, il y a presque huit cent ans. Avant, je suis née sur cette île, vers 1160, j'étais… »
« Vous allez me raconter votre vie là ? Cela n’a aucun rapport. »
« Tout a un rapport. Je vous l’ai dit. Vous êtes bouché. Je me demande pourquoi je m’évertue à vous parler. Peut-être devrais-je converser avec un hippopotame… »
« Vous m’intriguez, madame Stinson. »
« Le sentiment n’est pas partagé. Je n‘aime pas la loi de mes supérieurs. »

Un sourire charmeur, et malgré tout stoïque, cassant, des yeux brumeux tandis qu’assis sur une chaise en bois face à elle, à quelques mètres, je la laissais commencer une histoire, son histoire. L’histoire d’un crime. Voici le songe d’une nuit, pour l’arrancar que je suis, s’intéressant tant et plus à la raison de ma défaite, face à cette chieuse, et si écouter cette femme aux yeux saurien se révèle utile, je le ferais. Même si le danger s’avérait aussi énorme que la gueule souriante commençant à murmurer ces mots doux à mon oreille, les mots qui ont façonné l’histoire du hollow abandonnée, devenant bien vite Vasto Lorde. Des mots qui s'écrivent. De Hannibal.

__________________________



Je suis née sur cette île, et j'y ai vécu jusqu'à ma mort. Je n'étais pas prête de la quitter, tout comme maintenant, je préfère y rester, pour des raisons qui ne vous seront divulguées. Pourquoi ? Tout simplement parce que j'aime m'amuser, m'amuser de vous, et de vos désirs. Attiser votre curiosité pour mieux l'anéantir. Mais ceci n'est qu'une introduction à l'histoire d'un crime, l'histoire d'une simple enfant élevée telle une princesse, une princesse monstrueuse et à l'haleine bien fétide.

Ma mère me mit au monde dans ce château, une chambre de l'aile est. Elle était idiote, vous savez ? Une idiote fille du roi d'un pays voisin, qui s'est amourachée d'un homme de quinze ans son aîné, roi et ennemi de son père. Il n'était pas spécialement charmant, mais sa parole était d'or. Il l'a fait fuir son palais pour venir sur cette île, il lui a fait monter les marches de cette grande maisonnée, petit à petit, sans se presser, presque à l'alanguir. Ce dont elle ne se doutait pas, c'était du sort qui l'attendait là-haut. C'aurait pu être d'un romantisme poussé, mais rien n'en fut, car mon père n'était au grand jamais un gentil, il n'était qu'un fou aux doigts désireux de tout obtenir, d'obtenir un pouvoir, l'immense pouvoir et de ne jamais le laisser fuir.

Il séquestra ma mère ici, jusqu'à son dernier souffle, et ce fut la fin de l'espoir pour elle. Une fin bien sombre. L'abysse d'une lumière, sa lumière. Elle ne pourrait plus revenir dans les profondeurs de sa contrée, de celle qui lui avait offert une existence paisible jusqu'à l'arrivée d'un homme, l'homme ayant brisé sa vie, l'homme lui ayant tout pris. Oh, elle aurait pu pleurer pour mieux se dessécher dans sa tristesse innommable. Mais elle n'en fit rien, elle ne voulait pas lui donner ce plaisir. Ce premier geste de la part de mon père signait son propre arrêt de mort. Ma mère ne pouvait plus revenir chez elle, étreindre ceux qu'elle aimait, elle faisait face à une réalité bien difficile à avaler. C'était fini pour elle, mais peut-être pas pour l'enfant qu'elle portait.

Mon père la parait de bijoux, il la présentait telle une œuvre d'art au cours de nombreux voyages, durant des bals, pour rendre jaloux les autres nobles, pour observer le mépris et l'envie mêlés dans ces regards. Elle n'était qu'un portrait qu'il promenait ci et là, et un jour, elle fut enceinte. Ma conception fut faite dans l'actuelle Irlande, quant à ma naissance, sur cette île. Je n'ai rien vu d'autre que cette horizon, que ces nuages, que ces maisons, je ne vis que ce territoire, mon territoire, ma...déchéance. Mes premières années, je les ai passé dans le giron de ma mère, et puis, mon père me l'a enlevé. Elle ne donnait plus d'enfant, et lui, il voulait un garçon, un homme qui prendrait sa suite. Il la laissa à l'autre extrémité de l'île, par delà les murailles qui protégeaient la petite ville de pêcheurs de cet océan si dangereux. Exilée, je ne la revis pas avant mes quinze ans, où il lui somma de revenir pour s'occuper de moi, sa nouvelle femme ne pouvant plus supporter ma personnalité excessivement atypique...J'avoue, je faisais exprès de la faire chier.

Je disais donc, mon père aurait souhaité un garçon. Il m'éleva en partie en tant que tel, et me donna un prénom masculin pour cette raison. Jamais le moindre signe d'affection, si je ne répondais pas bon à une de ses questions, la gifle partait, et parfois même le poing. Oh, je ne me considère pas comme une enfant battue, seulement comme un hippopotame. Un simple hippopotame. Il n'était pas tendre, c'est certain, et je crois qu'il ne m'a jamais aimé pour ce que j'étais, mais plutôt pour ce que je représentais pour lui. Un moyen d'arriver à ses fins. La mégalomanie l'avait déjà perdu, et il voulait m'imposer sa chute, je devais tomber avec lui. Je n'avais pas l'intention de me laisser faire.

Le jour où il renvoya ma mère, l'exilant, fût le jour où il découvrit ma facilité pour les mathématiques et autres sciences. Ce jour-là, je m'étais approchée de son bureau, à mes cinq ans. Ce jour-là, j'ai pris mon crayon, pendant qu'il parlait avec ses conseillers de guerre. Ce jour-là, je mis des lettres et autres chiffres sur le papier, se suivant, s'interpellant, arrivant à une solution propice à résoudre le problème qu'il s'était posé, il y a des mois. A son retour, remarquant ces petits signes maladroits sur cette feuille, il m'observa. J'avais fait la pire bêtise de ma vie ; je venais de prouver que je tenais de lui, que j'arrivais à être un petit génie quand je le souhaitais. Il me prit sous son aile, et le peu d'éducation donné par ma mère disparut aussitôt. On m'éleva comme un homme, et en même temps comme une femme. Un être ambigu qui devait tout aussi bien écouter le père, que réfléchir à sa propre survie. Je devais devenir deux êtres, je devais vivre et en même temps mourir. Un tout dans un rien. Un rien devenu un espoir de fuir...

La même année, mon père se maria avec sa maîtresse, elle était déjà enceinte de ma demi-soeur. Il n'apprécia pas l'idée de ne pas avoir de fils, mais qu'importe. Il m'avait, et il avait décidé de faire de moi sa marionnette. Ma petite sœur, le seul être que j'aimais. Je m'étais approchée du berceau, j'avais plongé mon regard dans le sien, je m'étais noyée dans ce petit être. Elle, elle n'était pas comme les autres, non, elle était bien plus encore, elle était une innocence, une fragilité désordonnée. Je ne pouvais pas la laisser aux mains de notre père commun, je ne pouvais pas la laisser endurer cette violence et cette noirceur. Je me suis jurée de la protéger, quitte à y laisser ma peau.

Nous vécûmes chacun de notre côté. Je restais avec une famille qui n'était pas la mienne, mais je n'en avais rien à faire. J'avais ma sœur, j'avais cet être, cette enfant, cette idée, cet espoir qu'elle symbolisait. A chaque fois que je tombais, à chaque fois qu'il me rabaissait, il y avait cette petite fille derrière moi, je sentais son regard sur ma nuque, ses mains serrant son ours en peluche, son cœur battant...Et mes pieds me portaient de nouveau, pour que je restâs droite, et fière, la protégeant de tout mon être. Je l'aimais, je l'adulais, je la prenais dans mes bras avec tant de délicatesse par peur de la briser. Elle était ce que je ne serais jamais. Une enfant crédule, candide, au sourire facile, à la réflexion peu poussée, au visage poupin. Oui, j'aurais voulu devenir ma sœur, je supposais que si ce père n'avait pas jeté son dévolu sur moi, eh bien...Peut-être aurais-je été quelqu'un d'autre ? Une enfant au rire doux, une femme à la beauté enivrante. Mais je ne suis rien de tout cela, non, je suis un hippopotame. L'hippopotame.

Mon père remarqua cet intérêt que je portais à ma sœur malgré mes efforts pour le cacher. Oui, la lueur dans mes iris, ce peu d'espoir qui était né avec sa naissance, avec l'idée que je pourrais fuir cette île et l'emporter loin d'ici, m'avaient trahi. Comme quoi l'imagination n'aide jamais. Il me sépara de ma cadette. Elle vivait dans l'aile ouest de l'immense maison et moi l'aile est. Je ne la revis qu'à l'heure de ma mort. Je ne pouvais plus fuir l'île, je ne pouvais plus voir ma sœur, je semblais prise dans une prison qui était mon propre corps, un corps qui ne m'appartenait plus. Je devais devenir un bon toutou, un bon reptile, la monstruosité qui l'aiderait dans ses désirs de pouvoir...Et tout cela se trouve dans le journal à vos pieds. Le vieux et ignoble petit journal de mon ancienne vie. Mais voyez-vous l'utilité de la chose ? Je ne me souviens de rien, donc je ne ressens plus rien. Pour moi, il s'agit d'une autre personne, et je ris d'avoir été aussi crédule, de ma connerie qui pourtant...S'amuse à survivre au plus profond de ma caboche. Mais je ne ressens rien, cher Luccini, absolument rien excepté du cynisme.

Ne me regardez pas ainsi, monsieur Luccini. Vous vous dites certainement que je ne vous aide pas à vous raconter une histoire sans queue ni tête. Je devrais vous suivre, me laisser "escorter" et revenir au Hueco Mundo, seulement je ne veux pas, non, je n'en éprouve pas encore l'envie. Comme je ne souhaite pas encore terminer le boulot que j'ai fait il y a de cela une centaine d'années, en vous destituant de votre titre de Segunda Espada. Monsieur Luccini, que croyez-vous ? Que je n'allais pas vous reconnaître ? Vous êtes un idiot. Un sombre idiot qui, tant il aspire à me planter un couteau dans le dos, ne remarque pas qu'il est à deux doigts de se faire arracher la tête de mes mains. Oh...Et rappelez-vous, monsieur Luccini, que tout à de l'intérêt dans cette histoire. Maintenant, veuillez m'excuser, j'ai d'autres chats à fouetter, haha.


__________________________

Voir post suivant.





Mh...I want to play a game.





Ma fiche de personnage - Mon journal intime

Citation :
Il laisse un sillage de lumière, l’abîme a comme une toison blanche. Sur terre, nul n’est son maître. Il a été fait intrépide. Il brave les colosses, il est roi sur tous les fauves.

Apocalypse, 41


Dernière édition par Hannibal J. Stinson le Lun 14 Jan - 1:58, édité 11 fois
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• HUMEUR : A te dessiner un hippopotame sur la tronche pendant que tu pionces.

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Hannibal J. Stinson
BOUH! I'M A HOLLOW † HOLLOW

Ven 11 Jan - 23:09


J’étais décidé ; j’ouvrais la porte de cette pièce pour la dernière fois. J’étais envoyé par Las Noches pour la ramener au Hueco Mundo, n’est-ce pas ? Comment pouvait-on ainsi me berner ? Je n’avais plus le temps requis pour écouter les élucubrations foireuses de cette…Hannibal, de cette stupide qui avait osé me prendre mon titre d'espada tout en me laissant pour mort. Pourtant, je voulais savoir, oui, savoir les conséquences de son acte, ce qui l’a poussé à refuser de me suivre. Pourquoi rester sur une île, seule ? Je pouvais simplement l'écouter à raconter sa stupide vie de lorsqu'elle était humaine, en pensant qu'à la fin elle finirait par se taire et par me suivre, après avoir calmer ses envies nostalgiques…Mais je doutais. Oui. Je doutais réellement du fait qu’elle puisse ressentir quelque chose, face à son passé. Plus je côtoyais Hannibal, et plus je savais qu’une part d’elle n’était qu’obscurité, qu’abysse. Un abysse si profond que l’on s’y perdait par un simple regard. Cependant, je n’arrivais pas à comprendre cette sensation qui l’enveloppait, cette sensation qui, à chaque fois que mes iris rencontraient les siennes, m’empoignait le cœur et faisait trembler mes jambes. Est-ce cela, l’instinct ? Un instinct presque plus fort que ma haine ?

Hannibal jouait du violoncelle, à cette dernière rencontre. Un vieux violoncelle au bois pourri, qui émettait malgré tout un joli son, abandonné là depuis bien des années. Elle s’arrêta et nota quelques bribes sur un bout de papier humide, tout cela sous la fuite du toit. Pourquoi ainsi se tremper ? Cela n’avait aucun sens. Le fraccion me lança un regard défavorable ; à mon avis il devait avoir deviner mes intentions vu ma démarche et le zanpakutô que je tenais d’une main. Ma voix clama dans l’air, tel un fouet, un fouet qui finit par se briser, comme ce pauvre violoncelle.

« Sale lézard, suis-moi maintenant ! »

Crac.

« Comment osez-vous m’appeler ? »

J’ai reculé de plusieurs pas en la voyant si soudainement près, me toisant de haut, d’un regard implacable, affamé, horrifiant, vif et…venimeux. Ses mots continuèrent à sortir de ses lèvres peintes, lèvres retroussées pour dévoiler des dents aiguisées, comme prête à mordre, à dévorer ma chair de simple repas. Une intonation hachée, des mains contractées, des épaules relevées, une manière sinueuse de se rapprocher de mon corps, sans même baisser le regard face au mien. Vil prédateur. Ecoeurant Vasto Lorde.

« Comment…osez-vous…m’appeler ? »
« Lézard. »

Je sentis cette poigne écailleuse empoigner mon cou, sans que je n’émis un simple hoquet de stupeur. Dans mon champ de vision, le fraccion s’était rapproché, mais je ne vis rien d’autre, excepté le mur que je venais de rencontrer, exceptée cette fine silhouette enflant avec rapidité et colère mêlées. Non, je ne voulais pas lâcher prise malgré le danger environnant. Sous cette fureur presque palpable qui l’entourait, j’apercevais une finalité, la finalité d’une histoire trop peu contée, et je n’allais pas abandonner, jamais, malgré ses iris assassines. Il me fallait l'amener au Hueco Mundo, et si elle refusait, je me devais de la défier, pour mieux reprendre ma place d'espada, arracher ses ailes noires, son corps redevenant peu à peu celui écailleux du Vasto Lorde la hantant.

« Je m'appelle Hannibal. »

Hurlement. Supplique. Un hurlement dans une supplique. Une supplique dans un hurlement. J’aurais presque crû apercevoir une larme effleurer sa joue creuse…Mais cette femme ne connaissait pas la souffrance, n'est-ce pas ? Comme elle ne savait pas la finalité de sa vie, une vie qu'elle a oublié avec le temps. Il ne lui restait plus rien, excepté un souvenir et quelques bribes dans un vieux journal pourri. Elle me faisait pitié...Oui, pitié, car sous sa carapace d'agacement et de taquinerie, de désinvolture et d’inintérêt, il n'y avait rien, absolument rien. Pathétique !

« Tu n'es qu'un putain de lézard qui sait à peine contrôler sa colère ! Qu'est-ce que tu en as à foutre de comment tu es morte ?! Tu ne mérites pas le titre d'espada, tu n'es rien, Hannibal, et tu me débectes..Allez, vas-y, viens finir le boulot ! Je te défis, et cette fois-ci je serais capable de te tuer, oui, moi je serais capable de faire ce que tu n'as jamais pu ME faire. »
« Lâche-moi ! Laisse-moi le massacrer ! »

A nouveau un hurlement tandis que le fraccion utilisait toute sa force brute pour retenir cette femme à la monstruosité grandissante, qui avait sorti son zanpakutô pour mieux l'activer. La lune s’effrayait elle-même de tant de haine, au point de ne vouloir refléter ce regard insatiable, cette faim constante animant les muscles de la maîtresse des lieux. Un monstre. Oui. Un monstre au râle repoussant, à l’envie si inhumaine de m’étriper. Les écailles, la morphologie, rien ne lui ressemblait, à part le regard, ce regard m’inspirant d’effroi, traversant son masque aux contours sinueux, d'un noir intense, aussi intense que ses écailles. Ne recule pas, Zeri, tu es venu ici pour te venger. Tu es intelligent, tu sais te protéger, même contre un cauchemar aussi répugnant…Mes pieds me portèrent, je me remis debout et j’ai murmuré mes derniers mots.

« Tu n'es rien qu'un pauvre reptile ne sachant pas même quel est son but, malgré tant d'envie...Un monstre qui se morfond sur le pourquoi du comment de la mort de sa sœur, une sœur qui a disparu, par tes propres mains. »

Silence. Ses yeux écarquillés, cette manière d’ouvrir sa gueule putréfiée, de ne plus bouger. Comme si elle venait de voir un mirage, ou bien une vérité trop dure à avaler. L’espoir n’était pas au rendez-vous, dans son regard, il s’agissait plus d’un souvenir, d’une image, d’un son qu’elle se ressassait à chaque instant, et qui ne lui permettait plus de se contrôler, qui animait cette violence inouïe…Le seul réel souvenir resté à ses yeux.

« L’as-tu tué, cette nuit-là ? Est-elle la cause de ta perte, la raison qui te pousse à t’enfermer ici ? Il ne te reste que son nom, Jeanne. Oui, Hannibal, tu es tellement prévisible au final, si idiote...Prendre le nom de ta chère sœur pour ne pas l'oublier, c'est pathétique. Et c'est pourquoi je reprendrais mon titre Hannibal, car tu es pathétique. Pathétique de ne savoir qu'à peine contrôler ta sauvagerie de Vasto Lorde. Pathétique de toujours vouloir connaître la vérité, celle qui te pousse à foutre en l'air tout ce que tu touches...Malgré tout, tu ne ressens rien pour elle, n'est-ce pas Hannibal ? Tu ne ressens rien envers cette sœur, depuis huit cent ans maintenant. Une sœur que tu as tué de tes propres mains, Hannibal ! »
« TAIS-TOI ! »

Encore un cri. Un gémissement né d’une simple pulsion. Je la voyais s’approcher de moi, de ses pieds devenus des pattes de bête, de sa queue frappant frénétiquement le sol, de son visage restant encore le même. Elle n’était qu’à un mètre lorsque j’ai brandis mon zanpakuto, prêt à l'activer. Ses iris, son souffle épuisé…On aurait presque pu sentir les larmes de rancœur et de rage mêlées coulées sur ses écailles. Mais est-ce qu’une femme pareille pouvait ressentir autant de douleur ? Elle continuait à s’approcher, qu’importe ma menace, le fraccion gravement touché, tentant de se relever avec l’intention de m’aider. Elle se rapprochait, immanquablement. C’était un pur prédateur, un prédateur blessé, condamné, et qui pourtant, montrait les crocs. Elle posa son torse de vasto lorde sur la pointe de ma lame, toujours aussi désinvolte, comme pour me faire la faveur d'asséner le premier coup. Le cri de l’animal se fit entendre. Cri assourdissant tandis que la fureur du reptile venait de gagner contre la raison de l’humaine. Ses crocs, son haleine, tout me toucha…Ma forme de ressurecion s'activa, et mes mains devenues des serres s'évertuèrent à lacérer sa gueule à peine humaine. Un grognement en sortit...Puis un rire. Un rire glacé, comme si elle me prenait en pitié. Sa patte aux griffes d'un noir fumant finit par enserrer mon cou avec une facilité déconcertante. J'ai écarquillé les yeux, me rendant bien vite compte de mon erreur. A nouveau ce râle repoussant sortant de sa gorge, une voix grasse et répugnante, alliant celle du monstre et celle de la femme, oui, comme s'il s'agissait de deux voix dans l'une.

« Finir le travail, hein ? Tu m'ennuyais, pourquoi l'aurais-je fini ? Mais si tu y tiens. En attendant, tu es allé trop loin, et ce que tu m'as dit m'a agacé, tu aurais dû rester à ta place... »

La gueule se rapprocha de mon masque en forme de bec, crocs découverts dans un sourire effrayant. Sa main enserra mon cou, les os craquèrent, mes yeux se révulsèrent, dans ses derniers susurrements sauriens.

« Mon chéri Zeri...N'oublie pas l'hippopotame. »

Et le sang gicla sur les murs, dans le bruit des os broyés, de la morsure assoiffée.

__________________________



Il ne s'agit que d'un simple souvenir, une image, par delà la vue d'un hippopotame.

« Je vais la revoir. »

Ce furent les mots qui ont hanté mon esprit, à chaque seconde, depuis que ce père me les avait susurré à l’oreille. J’ai fait tous les efforts du monde pour contenir ma véritable nature afin de ne pas lui trancher la gorge, de ne pas lui faire le plaisir d’observer mes yeux emplis de doute lorsque je posais cette question : quand vais-je la revoir ? Finalement, il avait cédé, pour une raison certes inconnue, mais il avait céder. Je vais la revoir. Oui, je vais la revoir. A-t-elle grandi ? Qu’a-t-elle fait ces dix-sept dernières années ? A quoi ressemblait-elle ? Et le rouge de ses cheveux…Ce si beau rouge qui me permettait de tenir pour la protéger de la mégalomanie du père. J’ai tout fait pour lui éviter la punition de son géniteur, mais durant mon absence, l’a-t-il battu comme il m’avait battu ? L’a-t-il séquestré tel un animal ? Qu’en a-t-il fait ? Son sourire à la candeur si lumineuse, a-t-il disparu pour de bon ? J’avais peur de la revoir, pleine de tant de doutes, j’avais peur d’observer son visage et peut-être sa rancœur, cette phrase qui m’effrayait depuis notre séparation : pourquoi m’as-tu abandonné ? Malgré tout, je voulais tant et plus la revoir…Vingt secondes.

« Je vais la revoir. »

Mes pieds me portaient, cette nuit-là, ils me portaient jusqu’à l’extrémité de l’île ; j’avais l’impression de voler, balayée par la tempête. Une violence que je ressens encore dans mes tripes. La pluie, la grêle, le vent, les paysans et pêcheurs courant de ci de là pour se protéger, et moi qui me moquait de tout, à part du petit papier trempé que je tenais dans ma main : Tu ne la reverras plus. Cinq mots résonnant telle une détonation. Pourquoi mon père voulait-il l’emmener loin de moi ? Me détestait-il tant que cela ? Pourquoi la faire quitter l’île ? Je lui avais promis de la protéger, Jeanne, je t’avais promis…Te souviens-tu ? Car moi, je me souviens. Je me souviens de tes petites mains sur mes joues, couvrant avec délicatesse le sang coulant de mon front. Je me souviens de ton nez effleurant mon cou, de tes larmes trempant mon épaule. Oui, je me souviens de tes sanglots et de ton petit corps tout contre le mien, Jeanne…Du rouge de tes cheveux, le si beau rouge, si lumineux. Je chuchotais une mélodie à ton oreille. Notre mélodie résonnait dans cette sombre pièce qu’était ma chambre. Tu m’apaisais Jeanne, et c’était le plus beau de tous les cadeaux. Mais ce que je me souviens surtout, ce sont de tes paroles entre deux hoquets couverts de larmes. Je ne veux plus que tu saignes. Je ne veux plus vivre ici. J’en ai assez, assez de tout. Hannibal, j’ai peur… Tu étais si en avance, Jeanne, par rapport aux autres enfants. Tu comprenais vite, tu savais que ton sourire me permettait de me battre, mais à part ça…Je n’ai rien su de toi, et je n’ai même pas pu tenir ma promesse. Une promesse que je t’avais susurré à l’oreille, promesse que je me faisais pour moi-même, avec une de ces rares et dernières larmes coulant sur ma joue. Nous partirons, ne t’en fais pas, je t’en fais la promesse. Je t’emmènerai dans un endroit incroyable, où tu pourras vivre les milles aventures dont tu as toujours rêvé. Je te ferais visiter les endroits les plus incroyables. Je t’éloignerai de ce vil hippopotame, oui, un jour Jeanne, nous partirons de cette île, et nous pourrons enfin être libres. Je ne t’abandonnerai jamais, je te protègerai. Je te le promets. M’adressais-je réellement à Jeanne, ce jour-là ? Etais-je déjà ce monstre d’égoïsme ? Je me le demande. Je doute, et ça me fait rire. Oui, ça me fait rire aujourd’hui, de savoir que la souffrance s’est si bien atténuée depuis sa disparition. Jeanne…Il ne me reste que ton nom, et le souvenir de ton pourpre. La douleur a disparu, mais je souffre toujours autant de l'avoir perdu.

Ce père était fou, oui, complètement fou. Mes iris observaient le bateau divaguer dans la tempête, emporter par les vagues mugissantes. J’étais paniquée, et ma panique me permettait d’avancer. Le bateau commençait à s’éloigner, ma voix hurla ce prénom, cette idée, cette enfant, qui finit par se retourner sur le navire afin de me faire face. J’étais au bout de la falaise, mes yeux dans les siens, les cheveux en bataille, du sang sur les pieds, et j’ai tendu la main, lui intimant cet ordre si suicidaire de ma part, si inutile, si…inhumain. J’avais pensé à ma survie, à cet instant, en disant ces mots. A la survie de mon esprit. Car sans elle, sans l’idée même qu’elle était présente quelque part, je n’aurais pu continuer à avancer, à me relever. Par pur égoïsme, pour mon propre bien-être, je l’ai tué.

« Saute ! »

Je pensais avoir confiance en mes capacités, et je me fichais bien des raisons qui poussait ce père à nous éloigner définitivement. Tout ce qui me paraissait essentiel à cet instant, c’était la possible disparition du rouge de Jeanne, le si beau rouge…Elle a sauté, telle une perdue, tendant sa main vers la mienne, une petite main encore enfantine…Mes doigts s’agrippèrent aux siens, s’y cramponnèrent tant et plus tandis que son corps se balançait au-dessus du vide, dans cet océan sans bornes, ces roches qui l’attendaient, affamées. Avait-elle été aussi lourde avant ? Je ne voyais pas son visage, je ne remarquais que le rouge et mon corps commençant à glisser lui aussi de la falaise ; je n’avais pas l’intention de la lâcher, non, je tomberai avec elle si je ne pouvais pas la remonter.

« Hannibaaal ! »

Ses larmes coulaient sur ses joues, sur ses yeux que je ne pouvais distinguer. Ses sanglots se faisaient entendre, et ma voix fouettait l’air pour lui hurler de ne jamais me lâcher, non, je ne te lâcherai pas Jeanne, je n’aurais jamais voulu te lâcher.

« J’ai peur, Hannibal…Ne me lâche pas, pitié, ne me lâche pas ! »

Je n’avais pas l’intention de te lâcher, jamais. Son cri brisa la tempête elle-même lorsque sa paume glissa de la mienne ; elle criait mon nom, un nom que chacune de mes victimes hurlait avec haine désormais. Je la vis tomber dans les vagues, je la vis se faire broyer par les rochers. Mais je ne ressentais plus rien, ni la douleur, ni la présence de toutes ces familles réunies, curieuses. Non, je ne ressentais plus rien, exceptée l’absence. Une absence insupportable. Et mon hurlement suivit le sien, douloureux, suppliant, puissant. Râle affreux d’une bête enragée, emporté par la houle.

« JEAANNNEEE ! »

Dernière image, dernière vue de ce petit corps que j'avais à peine effleuré. Dès lors que je ferme les yeux dans cette nouvelle vie, je vois cette Jeanne. Je me vois glisser de cette falaise pour tenter de la récupérer au vol, je me vois la protéger de tout mon corps durant toute notre chute, et je me vois tout aussi brisée dans l'océan, avec son sang sur les mains, avec son si beau rouge. Et je me souviens de ma dernière pensée, elle n'était pas dédiée à cette sœur qui me paraît étrangère, non, elle était pour moi : Je veux vivre. La survie humaine est bien vicieuse. Aussi vicieuse qu’un hippopotame. Oui, l’hippopotame a un sens dans cette mémoire, comme mes mains griffues lacérant le ventre du privaron, comme mon murmure s’extirpant de mes mâchoires douloureusement contractées, comme l’absence de larmes dans mes yeux marécageux, comme l'histoire du hollow que je suis devenue que je me ressassais tant et plus, sans y trouver ce que je recherchais. Je n’ai pas pleuré, cette nuit-là, je n’ai jamais pleuré depuis lors.

« Jeanne…Est-ce si mal que d'être égoïste ? »

__________________________



Je ne me souviens pas de ma création de hollow, pas même de mon état de menos. C'était il y a trop longtemps, et ma tête fait le tri entre les choses qui ont de l'intérêt et celles qui sont tout bonnement ennuyeuses. Mais, vers mes cent ans, je devins un adjuchas. Je n'étais pas des plus immenses, mais je traversais le ciel, de mes ailes déchirées. Je tourbillonnais dans la nuit, sans me soucier de ce qui m'entourait. Je devais dévorer, oui, absolument tout dévorer ; je piquais vers le sol, vers ma proie, pour mieux l'écharper entre mes quatre pattes, l'emportant au loin dans les cieux, un sourire sur ma gueule ensanglantée. La puissance m'aveuglait, lorsque je volais, lorsque je gagnais, lorsque je frôlais le danger pour mieux m'en dépêtrer. Pourtant, je n'étais pas seule, je ne le pouvais pas. Malgré mon net avantage, je dû la vie à un autre adjucha. Un adjucha bien plus petit que moi, bien plus jeune. Je m'étais laissée empêtrer dans les tentacules d'un autre hollow, qui allait se faire une joie de m'anéantir. Mais avant qu'il ne puisse seulement me mordre, mon confrère arriva et lui brisa son masque. Il devait faire le dixième de ma taille, ou elle, qu'importe. La mine ensanglantée, il me toisait du regard. On aurait dit un de ces loups du monde des vivants. Oui, un loup grondant, hérissant son pelage bleuté face à ma gueule putréfiée se rapprochant de lui. Je le menaçais, la queue fouettant l'air, mes ailes grandes ouvertes, mes dents suintant de ce liquide noir, putréfaction de mon propre corps. Écailles et griffes hérissées contre pelage et mâchoires contractés. Nous dûmes rester ainsi un long moment, à se menacer de nos armes. Je ne savais pas quoi penser de cet adjucha qui m'avait permis de rester en vie. Peut-être voulait-il aussi me tuer ? Avec la vitesse à laquelle il avait brisé la nuque de mon ancien adversaire, je me devais de m'inquiéter.

Je crois qu'il fût le premier à baisser les armes. Je le suivis, intriguée par son dernier acte. Il m'avait sauvé la mise, et je ne sais plus ce que nous nous dîmes sur l'instant, pour nous mettre d'accord et ainsi ne plus poursuivre notre route chacun de notre côté. Comme tant d'autres adjuchas, nous devînmes partenaires, et je dois avouer que je trouvais l'idée sympathique et curieuse. Il ou elle se nommait Emikra. Un nom plutôt merdique ouais. Enfin, le mien n'était pas mal non plus. On décida tous les deux de poursuivre le chemin qui nous mènerait vers l'état de Vasto Lorde, tout en évitant les problèmes. J'attaquais par le ciel, et lui par la terre. Si mon ombre parcourait le sol, épousant la lune de la terre des damnés, le sable embrassait ses traces, dans une course folle où son infime corps et mon gigantisme s'accordaient. Nous restâmes côte à côte toute notre vie, et nous apprîmes à nous connaître. Il me protégeait comme je le protégeais. Cela dura bien trois cents ans...Jusqu'à ce qu'un shinigami arriva pour tout foutre en l'air.

Je ne pensais pas être sympathique et incroyablement belle dès le premier regard...Mais tout de même, de là à m'attaquer sur le champ. Je ne sais pas ce que venait faire cet enfoiré dans le Hueco Mundo. Mais je doutais qu'il se soit perdu en chemin...A son arrivée, il brandit son zanpakutô vers moi. Emikra bondit dès l'instant sur le nouveau venu, tandis que je montrais mes crocs de reptile, ne sachant que trop faire face à ce méli-mélo alliant peau, fer et dents. Et puis...J'ai senti le sang de mon compagnon de chasse. Je l'ai senti et de mes cinq griffes d'un noir huileux, je l'ai arraché du shinigami, plaquant ce dernier au sol de ma patte pour mieux approcher ma gueule de son corps afin de le broyer. Il brandit son arme, m'arrachant des lambeaux de gencives dans un hurlement rageur et douloureux de ma part. Mon sang tomba sur son corps pour mieux le grignoter. La colère m'aveuglait, la colère et l'envie de tuer et de voir ce pourpre...Le succulent pourpre du dehors.

Mes crocs finirent par briser son arme, et mes quatre pattes le transpercèrent de part en part, pour mieux l'emmener loin du sable et de celui qu'il avait détruit. Aveuglante qu'était la lune ce soir-là. Le soir où mon gigantisme finit par disparaître, ou mes écailles glissèrent sur le sol, en une flaque écœurante et putréfiée. Un corps humanoïde, des traits innommables, un rugissement bestial que je ne sus contenir, un masque noir aux crocs sanglants. J'étais devenu un Vasto Lorde, un Vasto Lorde qui observait avec délectation ce shnigami se faire lentement dévorer par son pouvoir, par cette masse noire suintant de tous mes pores. Oh, il se putréfiait vivant...Une œuvre d'art, une œuvre d'art ratée. Il ne ressemblait à plus rien d'humain, mais passons les détails peu ragoûtants.

Mon corps noir, mes ailes corbeaux laissant des gouttes d'ébène sur le sol, j'avais l'impression de moi-même me putréfier. Mes pas, le silence. J'arrivais peu à peu jusqu'à ce compagnon étendu au sol. Il n'avait que trois pattes, et lorsqu'il releva la tête ; son destin fût scellé, par mes propres mains. Je l'avais lacéré en l'arrachant des paumes du shinigami. Son corps portait la zébrure de l'une de mes pattes ; il ne pourrait plus devenir Vasto Lorde. Je l'avais poussé dans les abysses, je le bloquais au sol, je ne lui permettais plus de s'envoler. Ma gueule gronda, mon poing frappa le sol tandis qu'il boitait, se relevant peu à peu pour éviter le liquide et la fumée s'échappant de mon être. Je sentais son regard sur mon masque. Je le sentais, et je savais ce qu'il me quémandait. Tout ça à cause d'un stupide shinigami...

« Tue-moi, qu'on en finisse. »
« Non. »

Non, je n'allais pas le tuer. Jamais. Je n'en éprouvais pas la force. Ce privaron avait raison enfin de compte...Je suis pathétique. Égoïste et pathétique. Un hollow ne devrait pas avoir de cœur, alors, pourquoi éprouvais-je ce sentiment ? Vous savez, l'envie irrépressible de ne rien donner, de tout prendre. Je ne voulais pas le tuer, je ne le pouvais tout simplement pas. Je préférais le laisser dans cet était pour toujours, plutôt que de le voir disparaître. Simplement pour mon bon plaisir. Il gronda, je lui rendis sa menace, plus puissante encore. Dès lors, je me crûs à espérer pouvoir l'aider. Un siècle durant, je l'ai caché dans une contrée plus que désertique, ramenant des hollows pour le forcer à les dévorer. Je ne lui donnais pas le droit de partir. Il m'avait sauvé la vie, je me devais de sauver la sienne, seulement parce que je n'avais pas donné mon accord pour qu'il puisse mourir.

J'ai arraché mon masque vers mes cinq cents ans, retrouvant un visage que je ne croyais plus familier. Emikra me suivait, moi et ma lame trainant au sol. Je ne savais pas où j'allais, mais je m'en contrecarrais. Je me ressassais un souvenir, le souvenir d'une vie qu'il ne me semblait jamais avoir vécu. Et qu'allais-je faire désormais ? Si je n'étais plus moi, si je n'avais été personne, quel était mon but ? Détruire peut-être. Ou bien régner sur le Hueco Mundo. Un ricanement sort toujours d'entre mes lèvres à cette pensée. Oui, c'était grotesque.

Las Noches ne semblait qu'un point dans l'horizon nocturne, lorsque Zeri arriva. Il devait avoir senti mon reiatsu hors-norme, et contrairement à lui, j'étais passée par le stade de Vasto Lorde. Zeri était un idiot, du début à la fin. Il nous ordonna de le suivre jusqu'à Las Noches, pour voir le roi du Hueco Mundo. Je n'aimais pas les ordres, ni même l'idée que je devais me soumettre à un roi que je ne connaissais pas. Mais mon compagnon boitillant me lança un de ses regards qui me demandaient de ne pas foutre des emmerdes. Donc, j'ai courbé l'échine, contre mon gré. Nous nous rendîmes dans ces grands bâtiments, et on m'expliqua quelque peu le système des...Espadas. Intéressante l'idée. Bien que les explications de l'arrancar/fraccion soient à chier.

Le jour-même, j'ai étripé Zeri, prenant sa place de Segunda Espada. Pourquoi n'ai-je pas tenté Primera ? J'aurais pu, j'adorais les défis de taille, j'aimais tester la force de mon adversaire, et j'adulais encore plus l'idée, lorsque je me retrouvais devant une force supérieure à la mienne. Je n'ai jamais su si le Primera de l'époque était plus puissant que moi. J'ai seulement mis mon dévolu sur Zeri. Pourquoi ? Eh bien, si l'on me posait la question, je dirais que c'est parce que je n'aime pas les numéros impairs. La véritable raison est qu'il a murmuré la parole de trop ; ça a déclenché ma ressurecion et je l'ai combattu pour mieux le laisser pour mort. Visiblement, il n'a pas apprécié. Dommage.

C'est avec ce numéro tatoué sur ma nuque que je me rendis chez les vivants, par simple désir d'observer ces derniers et leurs habitudes, et qui sait peut-être, retrouver mes origines. Je l'ai fait. Le roi actuel ne m'avait jamais contacté, ou demandé ma présence. J'en déduisais qu'il n'avait pas besoin de moi. Alors, j'avais du temps libre, il fallait le remplir. Mais ce but que je m'étais fixé est rempli désormais, oui, bel et bien complet. Passer un peu plus de deux cent ans chez les vivants...Je me rends compte que c'était bien emmerdant.

__________________________



Oui, c'était bien emmerdant. Voici la fin de l'histoire. Mais y avait-il réellement une histoire ? Mon doigt effleura la surface rouge se répandant sur le bois vieilli. Bel écarlate. Écarlate tâchant mon corps. Mon fraccion n'avait pas eu de chance, je l'avais tout autant blessé que ce Zeri, et les voici mort. Mon doigt effleura ma langue, puis mes lèvres, et finalement mon menton, répandant le beau pourpre dans ma gorge. Suave humus que celui du métal liquide. Non. C'était dégueulasse. Aussi dégueulasse que la gueule d'un hippopotame. Je m'étais encore laissée emporter. Zeri s'éparpillait en plusieurs morceaux sur le sol, sous la pâle lumière de la lune des vivants. Oui, qu'allais-je faire désormais ? Marcher sur la lune ? Me mesurer à un capitaine de la Soul Society ? Battre un arrancar les mains liées ? Devenir plus puissante ? Pathétique. Oui, tout aussi pathétique que moi. Non, il me fallait de l'impossible, oui, quelque chose...Quelque chose d'effrayant, d'insurmontable, de venimeux, d'aventureux, de blessant. Une nouvelle saveur étrangère, tout ce qui pouvait attiser ma curiosité grandissante.

Emikra sortit de l'ombre de sa démarche boiteuse, me toisant de son regard. Moi ? J'observais le ciel, posant ma langue sur la lame de mon petit zanpakutô d'un rouge noirâtre, aux reflets putrides, pour finalement cracher sur les restes du Zeri, une salive d'ébène. Un liquide qui commença à se répandre, à se mouvoir, à voguer dans les airs autour du corps, à dévorer la chair, pour ne rien laisser d'autre que le néant. Le vieux journal intime de mon existence d'humaine fut jeté par ma propre main dans la gueule de la flaque de boue visqueuse, qui termina de le pourrir. Pudre, lagarto del cielo. Oh oui, putréfie dans cette nuit divine, les doutes et les remords d'un cœur bien absent dans ma poitrine. Dévore les mensonges et l'égoïsme, pour ne laisser que du vide. Oui, le vide de cet instant, l'instant du monstre. Putréfaction...Odeur bien écœurante que celle se répandant sur l'île.

« Que fait-on maintenant ? »

Emikra s'était rapproché de mon corps, évitant mes traces de pas d'où s'échappait une fumée noirâtre et nauséabonde, une odeur digne d'un cadavre. Sa parole me fit pencher la tête de côté, l'iris redevenant étincelante, un infime sourire sur mes lèvres rouges.

« Eh bien, retournons au Hueco Mundo, vu que c'est ce que notre "roi" veut, histoire de savoir ce qui se passe de si...grave ? »
« Je parlais d'autre chose. »

Mon regard revînt dans le sien. Mon nouvel intérêt hein...Je n'avais jamais trouvé un véritable but en fin de compte, seulement de quoi remplacer celui que je cherchais depuis des centaines d'années, et que je n'ai toujours pas trouvé. Quel allait être le nouveau remplaçant ? Un de préférence impossible. L'idée germa dans mon reste d'âme, dans la mort de la masse noirâtre rejoignant mon corps. Sourire angoissant, petite mimique curieuse.

« Assouvir ma mégalomanie. »

Oui, l'assouvir, la repaître. Prendre le pouvoir. Une impossibilité si excitante...Un léger rire sortit de ma gorge, tandis que je reprenais mon air habituer. Je finis par disparaître dans le portail nous menant vers le Hueco Mundo, vers Las Noches, suivi du vieil adjucha. Un dernier murmure envahit l'île abandonnée, un tout petit dernier...

« Allons examiner les derniers charmants évènements, ils risquent d'être intéressants. »




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Lun 14 Jan - 1:51
Tout cela pour dire, que j'ai fini ma fiche. Désolée du temps pris, et des fautes ^^'




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Lun 14 Jan - 11:13
Mes salutation Hannibal et bienvenue parmi nous. Cette fiche, autant le dire, est le résultat visible d'un investissement appréciable. Le style original qui, je le sais, a été rudement travaillé rend ce pavé abordable et même délectable. Bien sûr, je ne dirais pas que j'ai lu cette fiche d'une traite, il m'a fallu un certain temps pour arriver au bout, mais je n'en apprécie que plus cette souffrance sachant qu'elle demeure décuplée pour l'auteur de cette présentation. Ton hippopotame anti-conformiste est amusante, elle promet d'enrichir la mosaïque de l'Hueco Mundo. Seul bémol au delà des quelques fautes que j'ai pu voir par-ci, par-là (ce serait chipoter de t'en tenir rigueur), je pourrais bloquer sur le fait qu'un arrancar n'est pas censé connaître son passé en tant que mortel. M'enfin, je vais passer outre et en venir directement...

... à ta validation agrémentée du rang de Segunda Espada. N'oublie pas de recenser ton avatar et d'entamer ta fiche technique.





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Hannibal J. Stinson
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Lun 14 Jan - 11:26
Merci Takeshi, de ta lecture et de tes compliments ! Je ferais le moins de fautes possibles, quant à son passé je ferais en sorte d'en parler le moins possible durant mes rps. Et voici, une nouvelle fois, les remerciements d'un aimable hippopotame.




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Hannibal || Avec le canon d'un flingue entre les dents, c'est sûr qu'il est plus difficile de gueuler.

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